Éthiopie: la grande colère d'Addis Abeba contre le Tigré

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Les combats se poursuivent dans le Tigré, où l’armée fédérale éthiopienne a lancé mercredi une offensive pour reprendre le contrôle de la province, qui cherche à faire sécession. Une partie de l’armée a fait défection et a rejoint les forces tigréennes, qui auraient mis la main sur un arsenal important d’artillerie lourde. Vendredi, un nouveau cap a été franchi avec des frappes aériennes menées par les forces gouvernementales. Un acte fasciste, assurent les autorités tigréennes.

Avec notre correspondant à Nairobi, Noé Hochet-Bodin

Le Tigré se tient prêt à abattre n’importe quel avion ou hélicoptère, a assuré hier le parti tigréen TPLF. Le parti indique au passage que les frappes aériennes n’ont fait aucune victime, ce qui contredit la version de certaines sources diplomatiques.

Pour les forces gouvernementales, le Tigré sera un cimetière et non une destination, peut-on encore lire dans un texte violent, où le Premier ministre Abiy Ahmed, ancien prix Nobel de la paix, est notamment comparé à Mussolini et à l’ancien leader éthiopien Mengistu, tous les deux ayant pour point commun d’avoir bombardé le Tigré par le passé.

Le Premier ministre justement, qui a rappelé les raisons de son offensive sur Twitter. En l’occurrence sauvegarder la Constitution, protéger les réformes et la démocratisation de l’Éthiopie ainsi qu’en finir avec l’impunité dont jouissent les dirigeants du TPLF selon lui.

Ces frappes aériennes, c’est un point de non retour dans ce conflit qui ne connaît pas de désescalade depuis mercredi. Le Parlement a déjà la voté la mise en place d’un gouvernement de transition. Tous les appels à la paix de dirigeants internationaux ont été ignorés. Les experts craignent pour leur part un conflit aux conséquences dévastatrices pour la Corne de l’Afrique.