Éthiopie : bombardement meurtrier sur la capitale de la région rebelle du Tigré

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La capitale de la province éthiopienne du Tigré, Mekele, a été visée vendredi par une frappe aérienne du gouvernement fédéral, faisant au moins quatre morts, dont deux enfants, et neuf blessés, ont annoncé les autorités locales. Des accusations réfutées par Addis-Abeba qui assure ne viser "que des sites militaires".

L'aviation éthiopienne ne vise "que des sites militaires", a affirmé vendredi 26 août le gouvernement éthiopien, qualifiant "d'inventées" les accusations des autorités rebelles du Tigré selon lesquelles une frappe aérienne a tué des civils dans la capitale régionale Mekele.

"L'armée de l'air éthiopienne répond clairement à l'attaque lancée contre l'Éthiopie en ne visant que des sites militaires", a affirmé le service de communication du gouvernement éthiopien dans un message à l'AFP.

Il a accusé les rebelles tigréens de "déposer des faux sacs mortuaires dans des zones civiles pour affirmer que l'aviation a attaqué des civils".

En début d'après-midi, un porte-parole des autorités rebelles, Kindeya Gebrehiwot, a affirmé que l'aviation éthiopienne avait "largué des bombes sur une zone résidentielle et un jardin d'enfants à Mekele", tuant et blessant des civils.

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Un responsable de l'hôpital Ayder, le principal hôpital de la ville, a affirmé à l'AFP que l'établissement avait reçu quatre morts, dont deux enfants, et neuf blessés.

Ce bombardement au cœur de cette région dissidente du nord de l'Éthiopie marque une escalade brutale après la reprise des combats mercredi entre forces gouvernementales et rebelles tigréens du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) à la frontière sud de la région. Ce retour de la violence a mis fin à cinq mois de trêve.

Peu après, le gouvernement fédéral avait annoncé dans un communiqué que, même s'il restait "entièrement disposé" à discuter sans condition avec les rebelles, il entendait "mener des actions ciblant les forces militaires (...) opposées à la paix".

Il a appelé la population vivant au Tigré "à se tenir loin des zones où se trouvent l'équipement militaire et les structures d'entraînement" rebelles.

Plusieurs milliers de morts depuis le début de la guerre

La reprise des combats inquiète la communauté internationale, qui craint une reprise du conflit à grande échelle et de voir annihilés les maigres espoirs de négociations de paix.

Dès mercredi, de nombreux pays et organisations internationales, ONU, États-Unis et Union européenne en tête, ont appelé à une cessation des hostilités et à une résolution pacifique du conflit qui dure depuis 21 mois.

Depuis qu'elle a éclaté en novembre 2020, la guerre dans le nord de l'Éthiopie a fait plusieurs milliers de morts, déplacé plus de deux millions de personnes et plongé des centaines de milliers d'Éthiopiens dans des conditions proches de la famine, selon les Nations unies.

La trêve conclue fin mars avait permis notamment la reprise progressive de l'acheminement de l'aide humanitaire par la route vers le Tigré, après trois mois d'interruption.

Depuis fin juin, le gouvernement éthiopien et les rebelles du Tigré ont répété à l'envi leur disposition à entamer des négociations de paix, mais continuent de s'opposer sur leurs modalités.

Le gouvernement fédéral veut notamment des pourparlers immédiats sans précondition, sous l'égide de l'Union africaine (UA).

Les rebelles exigent au préalable que soient rétablis l'électricité, les télécommunications et les services bancaires dont le Tigré est privé, et rejettent la médiation du Haut-représentant de l'UA, Olusegun Obasanjo.

Avec AFP