Éthiopie/Érythrée: l'accord de paix, il y a quatre ans, n’a pas évité la guerre

© RFI/ Sébastien Németh

L'événement avait été considéré comme une étape majeure pour la paix en Afrique : le 9 juillet 2018, il y a quatre ans jour pour jour, l'Éthiopie et l'Érythrée signaient une déclaration commune, proclamant « la fin de l'état de guerre » entre les deux pays mais la guerre a repris.

Ce geste inattendu avait valu au Premier ministre Abiy Ahmed de recevoir le Prix Nobel de la Paix, en décembre 2018, mais le bilan, quatre ans après, est loin d'être positif, au point que, mis sous pression de lui retirer sa récompense, en janvier dernier, le Comité Nobel a souligné « la responsabilité particulière » du chef du gouvernement éthiopien de mettre fin à la guerre.

La déclaration commune du 9 juillet 2019, pour historique qu'elle ait pu paraître à l'époque, était pourtant bien légère. « Ce n'était qu'un pauvre petit protocole d'entente en cinq points », se désole un ancien diplomate érythréen vivant en exil. Pas d'accord monétaire ou commercial, énumère-t-il, pas de discussions sur les questions frontalières… en somme rien sur les points de crispation qui avaient conduit à la guerre en 1998. Quatre ans plus tard, le bilan est donc « à somme nulle », selon lui.

L'accord de paix s'est révélé être un accord pour la guerre. En novembre 2020, en effet, le gouvernement fédéral éthiopien et le régime érythréen se sont engagés ensemble dans un conflit dévastateur, encore inachevé, contre leur ennemi commun, le parti dirigeant la région rebelle du Tigré.

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Au sein de la fédération éthiopienne, des foyers de guérilla se sont allumés sur les lignes de fractures ethniques et les tueries y sont régulières. Le Tigré est quasiment coupé du monde et subit une famine. Le long isolement diplomatique du pays, en raison des crimes commis, a considérablement affaibli l'économie. Politiquement, les forces et les haines nationalistes se sont réveillées et monopolisent la classe politique.

L'Érythrée, quant à elle, a pu récupérer ses districts frontaliers, longtemps occupés, mais reste un État paria, avec une direction militaire sous sanctions internationales.

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