Aux États-Unis, les victimes de viols payent des sommes exorbitantes pour leurs soins

PHOTO DAVID DEE DELGADO/Getty Images via AFP

Les frais médicaux d’urgence appliqués aux victimes de viols et d’agressions sexuelles font l’objet d’une étude, relayée par “Vox”. De quelques centaines de dollars en fonction du contrat d’assurance à plusieurs milliers pour les non-assurés, les sommes en jeu sont “ahurissantes”.

Selon une étude publiée dans la revue New England Journal of Medicine, et relayée par le site américain Vox, les femmes victimes de viols aux États-Unis sont parfois amenées à payer des factures exorbitantes liées à leur prise en charge en urgence. Les auteurs de l’étude ont analysé les données de 112 000 patients arrivés aux services d’urgence après des faits de viol ou d’agression sexuelle, en 2019 (dernière année pour laquelle des données complètes sont disponibles). Ils précisent que ce groupe de référence comportait 90 % de femmes et 38 % de mineurs.

Comme le détaille Vox, un passage aux urgences après un viol ou une agression sexuelle implique deux types de prises en charge. D’abord, une expertise médico-légale lors de laquelle sont effectués les prélèvements nécessaires pour caractériser l’agression et recueillir des preuves ADN. Ces frais sont, sauf erreur administrative, pris en charge par la collectivité.

Mais les patients sont aussi amenés à recevoir une prise en charge thérapeutique, “autrement dit tous les soins médicaux qui s’imposent après une agression”. Les médecins donnent souvent aux patients des antibiotiques pour la prévention des maladies sexuellement transmissibles et une contraception d’urgence. Ils doivent parfois pratiquer des soins pour traiter les blessures lors de l’agression : fissures vaginales et anales et fractures.

C’est cette deuxième partie de la prise en charge qui n’est parfois pas remboursée, et les sommes en jeu “sont ahurissantes”, explique le titre :

“Les victimes sans assurance santé, soit 17 000 personnes en 2019, ont dû débourser, en moyenne, 3 673 dollars.”

Les personnes assurées étaient quant à elles amenées à payer des sommes moindres, mais largement dépendantes de leur contrat d’assurance. “De telles factures sont un traumatisme supplémentaire pour les victimes, dénoncent les auteurs de l’étude, quand elles ne les dissuadent pas de s’adresser à des professionnels. On estime qu’après une agression sexuelle, seule une victime sur cinq opte pour une prise en charge médicale.”

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

VIDÉO - Violences sexuelles : l'Onu adopte une résolution "historique" pour les rescapés