États-Unis: Trump condamne "la violence" sans mentionner sa nouvelle mise en accusation

Jules Pecnard
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Donald Trump le 7 décembre 2020 à la Maison Blanche.  - Saul Loeb
Donald Trump le 7 décembre 2020 à la Maison Blanche. - Saul Loeb

Le ton est véhément mais l'ambiguïté demeure. Mercredi après-midi, alors qu'il devenait le premier président de l'histoire des États-Unis à être l'objet du déclenchement d'une seconde procédure en destitution, Donald Trump a diffusé une nouvelle vidéo de 5 minutes sur Twitter. Le chef d'État américain y condamne "sans équivoque" la violence qui s'est déroulée au Capitole le 6 janvier, sans pour autant mentionner une seule fois l'impeachment voté par la Chambre des représentants.

"Je veux être très clair, je condamne sans équivoque la violence que nous avons vue la semaine dernière. La violence et le vandalisme n'ont absolument aucune place dans notre pays et aucune place dans notre mouvement", a déclaré Donald Trump.

Aucune responsabilité

Banni de Twitter, le président américain s'est servi du compte officiel de la Maison Blanche pour diffuser son message. Il n'y assume aucune responsabilité dans le déroulé des événements du 6 janvier. Plutôt, il assure que "ceux qui se sont engagés dans les attaques (...) seront traduits devant la justice".

"Aucun de mes partisans sincères ne pourrait cautionner la violence politique. Aucun de mes partisans sincères ne pourrait manquer de respect aux forces de l'ordre ou au grand drapeau américain. Aucun de mes partisans sincères ne pourrait menacer ou harceler leurs compatriotes", peut-on l'entendre dire.

Le matin du 6 janvier, Donald Trump avait harrangué une foule d'ardents soutiens et l'avait enjointe à "lutter farouchement" pour contester la victoire de Joe Biden, laquelle était sur le point d'être validée par le Congrès. Et ce, comme c'est le cas depuis deux mois, en avançant des théories infondées sur la légitimité de l'élection présidentielle de 2020.

Efforts de "censure"

Comme il l'a fait au lendemain de l'invasion du Capitole, le chef d'État sortant a affirmé qu'une nouvelle administration s'installerait bientôt à Washington D.C. Constatant que le pays traversait des moments "tendus et difficiles", Donald Trump a par ailleurs dénoncé "l'atteinte sans précédent à notre liberté d'expression dont nous avons été témoins ces derniers jours". Une allusion à la décision de Twitter et Facebook de bloquer ses comptes après les événements du 6 janvier.

"Les efforts déployés pour censurer, révoquer ou mettre au ban nos compatriotes sont inacceptables", a-t-il lancé. "Ce dont nous avons besoin désormais est de s'écouter les uns et les autres, pas de se réduire au silence."

Cette déclaration survient à six jours de la passation des pouvoirs entre lui et Joe Biden. Le président républicain a d'ores et déjà fait savoir qu'il n'assisterait pas à la cérémonie d'inauguration de son successeur. À l'approche de cette date du 20 janvier, les autorités fédérales américaines nourrissent une crainte de nouvelles violences à travers le pays, de nombreux partisans de Donald Trump demeurant convaincus que les démocrates leur ont volé sa réélection.

Article original publié sur BFMTV.com