États-Unis: trois élues démocrates prennent la parole pour raconter leur avortement au Congrès

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Alors que plusieurs États américains, et notamment le Texas, mettent en place des lois pour limiter le droit à l’avortement, des élues du Congrès américain ont témoigné ce jeudi 30 septembre de leur propre avortement devant une commission de la Chambre des représentants. Parmi elles, la représentante démocrate du Missouri Cori Bush.

Ce jeudi, trois élues démocrates américaines ont raconté avec émotion, publiquement devant une commission de la Chambre des représentants, les conditions très précaires dans lesquelles elles ont dû avorter au cours de leur vie. Leur objectif : défendre ce droit individuel, protégé par la Constitution depuis l'arrêt historique de la Cour suprême Roe v. Wade, en 1973, actuellement menacé par des initiatives de plusieurs États conservateurs.

La première s'appelle Barbara Lee, il s'agit d'une élue afro-américaine de Californie âgée de 75 ans. Elle a raconté devant cette commission du Congrès comment elle s'était retrouvée enceinte à l'âge de 16 ans. « J'allais à une école catholique et bien sûr, il n'y avait pas d'éducation sexuelle », a-t-elle expliqué. C'est dans une clinique clandestine au Mexique, dit-elle, avec le soutien de sa mère, qu'elle a finalement choisi d'avorter à ses risques.

« Je ne pouvais simplement pas imaginer revivre ça »

Sa collègue Pramila Jayapal, pour sa part, avait déjà brisé le tabou en 2019, après s'être longtemps tue pour ménager ses parents, des immigrés indiens. Âgée de 56 ans, elle a relaté ce jeudi ses pensées suicidaires, après la naissance de sa fille grande prématurée, qui n'était pas censée survivre. Retombée enceinte malgré sa contraception, avec de nouveau une grossesse à risque, elle passe le pas et décide d'avorter.

« Je désirais vraiment d'autres enfants, confie-t-elle, mais je ne pouvais simplement pas imaginer revivre ça. » « Les choix que nous faisons concernant notre corps ne sont pas vos affaires », a-t-elle lancé, dénonçant des lois votées par des assemblées majoritairement composées d'hommes. Une prise de position très forte, dans un pays très ancré dans la religion, où l'avortement est largement considéré comme un acte criminel envers l'enfant.

« J’ai été violée, je suis tombée enceinte et j’ai choisi d’avorter »

Entre les deux femmes, la démocrate Cori Bush a pris la parole. La parlementaire afro-américaine de 45 ans, élue dans le Missouri, a raconté comment elle s'était sentie « perturbée, gênée et honteuse » quand un jeune homme de 20 ans a abusé d'elle, en 1994, alors qu'elle avait 17 ans. Prenant conscience de sa grossesse à neuf semaines, « j'étais brisée, je me sentais si seule, je me blâmais pour ce qui m'était arrivé », a-t-elle dit, très émue.

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Aux États-Unis, près de 40% de la population considère que l'IVG devrait être illégale dans presque tous les cas, selon l'institut Pew. La républicaine Virginia Foxx, par exemple, appelle à combattre ce qu'elle qualifie de « péché national », rapporte l'AFP. « Qu'une grossesse soit désirée ou non, même si elle résulte de circonstances horribles, mettre fin à la vie d'un enfant pour protéger la "liberté" d'une mère n'est pas la réponse », selon elle.

Depuis septembre, le Texas est muni d'une loi interdisant de pratiquer l'interruption volontaire de grossesse dès le moment où les battements de cœur de l'embryon sont détectables, soit environ à six semaines, étape à laquelle la plupart des femmes ignorent qu'elles sont enceintes. Une « stratégie nationale coordonnée pour éliminer l'accès à l'avortement », dénonce la démocrate Judy Chu, membre de la commission de la Chambre des représentants.

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