Aux États-Unis, le Texas teste les limites avec l'État fédéral sur l'immigration

AP - Eric Gay

La Cour suprême a accordé il y a une semaine à Joe Biden le droit de suspendre le titre 42 qui autorisait, en raison d’une pandémie, à expulser les immigrants clandestins sans avoir à étudier leur demande d’asile. Donald Trump l'avait mis en place. Au Texas, le gouverneur a décidé malgré tout de ne plus traiter les dossiers des migrants et de les renvoyer à leur points d’entrée aux États-Unis.

Avec notre correspondant à Houston, Thomas Harms

Ils avaient été envoyés par bus à Washington, maintenant les forces de sécurités du Texas vont devoir ramener tout migrants sans papiers à la frontière, comme l’explique le gouverneur Greg Abbott : « On a pris des mesures sans précédents pour répondre à la crise (migratoire). Maintenant toutes personnes qui est entrée illégalement et est arrêtée par les forces de l’ordre et les gardes nationaux sera renvoyée à la frontière. »

En fait, par cette mesure, le gouverneur du Texas teste les limites de l’autorité de l’État fédéral, et s’apprête à aller au clash avec ses autorités, seules autorisées à appliquer les lois sur l'immigration et les expulsions.

Posture électoraliste

À 5 mois des élections de mi-mandat et avec un score qui s’érode, 6 point le sépare désormais de son opposant démocrate Robert O’Rourke, où son siège est en jeu, Greg Abbott satisfait aussi la frange la plus à droite du parti républicain qui réclame que le gouverneur parle « d’invasion » et ai recours à des expulsions massives. Il faut dire que la constitution américaine autorise des pouvoirs étendus en cas d’invasion.

Adriana Quiroga fait partie du centre de refuge et d’aide légal et éducatif aux immigrés au Texas : « Pour nous c’est une mesure de représailles, un coup politique pour répliquer à l’administration Biden, et on considère que cela ne fait que continuer à déshumaniser les migrants. » Rien n’est précisé sur le sort de ces migrants une fois ramenés aux portes des Etats-Unis.

L’opération « Lone Star » qui coûte quatre milliards de dollars au Texas vient d’être mise sous le coup d’une enquête du département de la Justice des États-Unis, pour violation des droits civiques, comme des détentions sans charge.

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