États-Unis-Taïwan: Mike Pompeo annonce l'annulation des restrictions dans les contacts avec Taipei

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Ce samedi 9 janvier, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a annulé toutes les restrictions imposées au fil des ans aux responsables américains dans leurs contacts avec Taïwan. Taipei s'est réjoui de cette décision.

Mike Pompeo n'a pas précisé la nature des restrictions annulées et cette annonce apparaît largement symbolique, une loi de 2018 autorisant déjà « des responsables à tous niveaux du gouvernement, y compris des membres du cabinet occupant des fonctions de sécurité nationale, des militaires et d'autres représentants officiels du gouvernement à se rendre à Taïwan et à rencontrer leurs homologues taïwanais ».

L'ambassadeur de Taïwan aux États-Unis, Hsiao Bi-khim, a cependant salué cette décision sur Twitter : « C'est la fin de décennies de discrimination ». « C'est un très grand jour pour notre relation bilatérale. Je me réjouis de chaque opportunité », a-t-il encore ajouté. Le ministre des Affaires étrangères de Taïwan, Joseph Wu, s'est également félicité de la levée de « restrictions qui limitaient inutilement nos relations ». « Le partenariat rapproché entre Taïwan et les États-Unis repose solidement sur nos valeurs et intérêts communs et la foi inébranlable en la liberté et en la démocratie », a-t-il aussi ajouté.

À Taïwan, si certains y voient une dernière pique envoyée par Donald Trump à la Chine, l’annonce n’est pas pour déplaire à la présidente Tsai Ing-Wen, réélue triomphalement l’an dernier justement sur un programme de défense de la souveraineté de Taïwan. « Taïwan est un pays,[...] nous méritons d’être traité comme tel », s’est ainsi réjoui le vice-président taïwanais, William Lai, rapporte notre correspondant à Taipei, Adrien Simorre.

Colère de Pékin

L'annonce du chef de la diplomatie américaine, à moins de deux semaines de la fin du mandat du président Donald Trump, devrait en revanche provoquer la fureur de Pékin, qui considère Taïwan comme partie intégrante de la Chine et qui a déjà violemment protesté contre une visite annoncée à Taïwan de l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Kelly Craft. Mme Craft doit se rendre du 13 au 15 janvier à Taipei pour des entretiens avec des responsables taïwanais. Elle doit aussi y prononcer un discours sur « les contributions impressionnantes (de Taïwan) à la communauté mondiale et l'importance d'une participation significative et élargie de Taïwan aux organisations internationales », selon le département d'État.

« Lourd tribut »

La Chine, qui considère toujours le territoire insulaire comme faisant partie de la Chine et juge que tout déplacement à Taipei de dirigeants étrangers est de nature à donner une légitimité aux autorités taïwanaises, a menacé de faire payer aux États-unis « un lourd tribut » si ce voyage a lieu. Washington a rompu ses relations diplomatiques avec Taipei en 1979 pour reconnaître Pékin, mais les Etats-Unis ont adopté la même année une loi qui stipule qu'ils devront aider Taïwan à se défendre en cas de conflit.