Aux États-Unis, la sociologie des acquéreurs d’armes à feu est en train de changer

·2 min de lecture
Aux États-Unis, la sociologie des acquéreurs d’armes à feu est en train de changer

Janay Harris travaille à Dover, dans l’État du Delaware, et aime profiter de la vie nocturne à Washington et Philadelphie, deux villes situées non loin de là. Mais il y a deux ans, elle a commencé à ne plus s’y sentir en sécurité le soir venu.

Les médias locaux relataient sans cesse de nouveaux crimes – un car-jacking par ci, un braquage par là. En voyant les photos des victimes, Janay Harris se disaient qu’elles ressemblaient à monsieur et madame Tout-le-Monde. En fait, elles lui ressemblaient.

Je ne serai pas la prochaine sur la liste, s’est-elle alors promis. Mais pas parce qu’elle comptait arrêter de sortir le soir : “Je ne veux pas me sentir obligée de rester cloîtrée chez moi ni d’éviter certains endroits par peur”, explique-t-elle.

La culture des armes se transforme

On pense généralement que les propriétaires d’armes à feu sont des hommes blancs, conservateurs et plutôt âgés, et ce n’est pas faux. Mais la situation est en train d’évoluer. Aujourd’hui, les Américains qui achètent une arme pour la première fois viennent d’horizons bien plus divers et ils sont en train de transformer la culture des armes.

Il y a un an et demi, Janay Harris s’est procuré une arme à feu et s’est inscrite au stand de tir. Pour l’instant, son arme n’a presque jamais quitté la maison, mais elle se sent plus en confiance depuis qu’elle l’a achetée – même quand elle ne la porte pas sur elle.

Elle fait partie des millions d’Américains qui, au cours des deux dernières années, se sont tournés vers les armes pour assurer leur propre sécurité. Avec la pandémie de Covid-19, la multiplication des homicides, des mouvements sociaux et de la violence politique, le danger semble de plus en plus omniprésent. La méfiance envers les institutions s’intensifie, et les citoyens sont moins enclins à s’en remettre au gouvernement pour assurer leur protection. Beaucoup d’Américains considèrent désormais que c’est à eux de se défendre, par leurs propres moyens.

Un besoin de “faire communauté”

Ce changement de point de vue a entraîné une hausse des achats d’armes chez ceux qui n’en possédaient pas encore et une diversification du profil des acheteurs. Et cette diversité a fait naître de nouvelles aspirations quant à la culture des armes, notamment l’envie d’appartenir à une communauté.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles