États-Unis : des sénateurs trouvent un accord a minima pour limiter l'accès aux armes à feu

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Un groupe de sénateurs démocrates et républicains a annoncé, dimanche, un accord sur plusieurs mesures de renforcement du contrôle des armes à feu aux États-Unis. Le compromis, qui sera soumis au vote au Sénat, demeure en deçà des réformes réclamées par Joe Biden après de nouvelles tueries.

Un accord de principe rare mais a minima. Des sénateurs républicains et démocrates ont annoncé, dimanche 12 juin, avoir trouvé un compromis sur des mesures visant à restreindre l'accès aux armes à feu aux États-Unis.

Lancée après la fusillade d'Uvalde, qui a fait 21 morts dans une école primaire du Texas fin mai, l'initiative parlementaire prévoit plusieurs cas de figure : des limitations de l'accès aux armes pour des personnes jugées dangereuses, avec la vérification des antécédents judiciaires et psychologiques pour les acheteurs d'armes âgés de 18 à 21 ans ; le renforcement de la sécurité des écoles ; un meilleur contrôle de la vente illégale d'armes ; ainsi que le financement de programmes de soutien et d'aide psychologique.

L'accord met en avant le soutien par le gouvernement fédéral de lois, État par État, qui permettraient de retirer des mains de personnes jugées dangereuses les armes qu'elles possèdent.

Le président Joe Biden a immédiatement salué des "avancées importantes", même si elles n'incluent pas tout ce qui est "nécessaire" pour "sauver des vies". Il s'agirait néanmoins du texte "le plus significatif sur le contrôle des armes à feu à être voté au Congrès depuis des décennies", a-t-il plaidé dans un communiqué.

Un accord qui pourrait être adopté au Sénat

La présence de dix sénateurs républicains parmi les signataires du communiqué annonçant ce compromis suggère qu'une telle proposition de loi a de réelles chances de passer au Sénat si l'ensemble des 50 élus démocrates y sont favorables.

Une majorité qualifiée de 60 voix sur 100 sénateurs est nécessaire pour son adoption, ce qui a bloqué jusqu'ici toute avancée majeure vers un meilleur encadrement des armes à feu, en raison de l'opposition des conservateurs.

"Avec un soutien des élus des deux partis, il n'y a aucune excuse pour un retard, et aucune raison que ne pas avancer rapidement au Sénat et à la Chambre", a ajouté Joe Biden, qui promet de promulguer immédiatement le texte s'il est adopté.

La fusillade d'Uvalde et celle de Buffalo, quelques jours plus tôt, avaient ému aux États-Unis et déclenché plusieurs initiatives parlementaires. Un groupe de sénateurs, mené par le démocrate Chris Murphy avec le républicain John Cornyn, a discrètement travaillé ces derniers jours afin de trouver l'accord annoncé dimanche.

Les vingt sénateurs affirment présenter "une proposition de bon sens, soutenue par les deux partis, pour protéger les enfants américains, garder nos écoles en sécurité et réduire le danger de la violence à travers le pays", "tout en protégeant les droits constitutionnels des Américains respectueux de la loi".

L'accord du jour, qui doit encore être traduit en texte de loi, "montre l'intérêt du dialogue et de la coopération", a salué le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell. "Même s'il faut aller plus loin, cet ensemble de mesures va permettre de sauver des vies", a réagi de son côté la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi.

"Une première étape"

Le compromis est bien loin de ce que demandent de nombreux Américains, dont des dizaines de milliers sont descendus samedi dans les rues du pays pour demander des réformes fortes au Congrès.

"C'est une première étape, et c'est en fait bien plus que ce à quoi je m'attendais", s'est réjoui sur Twitter David Hogg, l'une des figures de March for Our Lives, l'organisation à l'origine des manifestations de samedi. "Même si cela empêche un Parkland, ça vaut le coup", a-t-il ajouté en mentionnant la fusillade dans cette ville de Floride, qui avait fait 17 morts en 2018, et dont il est un rescapé.

Joe Biden avait publiquement affiché son soutien aux manifestants en listant les mesures qu'il souhaite voir adoptées mais absentes de l'accord de dimanche : interdiction des fusils d'assaut et des chargeurs à grande capacité, vérifications des antécédents pour l'ensemble des acheteurs d'armes – et pas uniquement les moins de 21 ans –, obligation pour les particuliers de garder leurs armes sous clé.

La Chambre des représentants avait, elle, voté mercredi un texte différent qui inclut l'interdiction de la vente de fusils semi-automatiques aux moins de 21 ans et celle des chargeurs à grande capacité, mais il n'a quasiment aucune chance de passer au Sénat.

Avec AFP

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