États-Unis: quatre ans après les émeutes, Charlottesville va déboulonner ses statues confédérées

·2 min de lecture
La statue du général confédéré Robert E Lee, à Charlottesville le 12 août 2020.  - EZE AMOS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
La statue du général confédéré Robert E Lee, à Charlottesville le 12 août 2020. - EZE AMOS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

La ville américaine de Charlottesville va déboulonner samedi les statues de deux généraux confédérés, qui avaient été à l'origine d'affrontements meurtriers entre militants d'extrême droite et manifestants antiracistes en 2017, a annoncé vendredi la municipalité de l'Etat de Virginie.

Les statues représentant le général Robert Lee, chef de l'armée sudiste pro-esclavage pendant la guerre de Sécession, et le général Thomas "Stonewall" Jackson, tous deux en uniforme et à cheval, sont placées dans deux petits parcs près du centre-ville.

Une jeune femme morte en 2017

En février 2017, la municipalité avait autorisé l'enlèvement de ces statues, considérées comme des symboles du passé raciste et esclavagiste de l'Amérique.

En août suivant, des centaines de membres de l'ultra-droite avaient manifesté sous la bannière du mouvement "Unite the right", pour protester contre ce projet. Au terme de ce rassemblement, des heurts avaient éclaté entre suprémacistes blancs et contre-manifestants.

Un sympathisant néo-nazi avait alors foncé en voiture dans une foule de manifestants antiracistes, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et blessant des dizaines de personnes.

Le président Donald Trump avait dénoncé des violences "des deux côtés", s'attirant une avalanche de critiques.

La municipalité avait alors recouvert les deux statues d'un plastique noir en hommage aux victimes des violences.

Les statues gardées "en lieu sûr"

Ces statues seront désormais "remisées dans un lieu sûr et propriété de la ville en attendant que le conseil municipal prenne une décision finale" sur leur sort, a-t-elle précisé dans un communiqué.

La ville avait invité les musées, les sociétés d'Histoire, le gouvernement ou les gérants de champs de bataille, à se faire connaître s'ils souhaitaient récupérer ces statues. Elle a reçu dix propositions, dont quatre originaires de l'Etat de Virginie, a-t-elle ajouté.

Depuis la mort de George Floyd, un Noir américain tué en mai 2020 lors de son arrestation par un policier blanc, de nombreux monuments à la gloire de l'armée confédérée ont été retirés, soit par les autorités soit par des manifestants protestant contre le racisme aux Etats-Unis.

Une statue déjà enlevée en septembre 2020

Pendant la guerre de Sécession (1861-1865), le Sud confédéré avait pris son indépendance des Etats-Unis et se battait pour conserver l'esclavage, aboli dans le reste du pays. La Virginie, où se sont installés les premiers colons anglais, était alors le coeur de l'Amérique esclavagiste.

Les drapeaux et monuments confédérés sont maintenant souvent considérés comme des symboles racistes, même si leurs partisans expliquent y voir un simple héritage de l'histoire du pays. Charlottesville avait déjà enlevé en septembre 2020 la statue d'un soldat confédéré tenant un fusil érigée depuis 1909.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles