États-Unis : des manifestations dans tout le pays pour le droit à l'avortement

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Des milliers de personnes sont descendues dans les rues, samedi, pour défendre le droit à l'avortement aux États-Unis. Peu de manifestations avaient eu lieu jusqu'ici depuis l'entrée en vigueur, le 1er septembre, d'une loi du Texas qui interdit quasiment toutes les interruptions volontaires de grossesse.

La bataille pour le droit à l'avortement se joue, samedi 2 octobre, dans les rues des États-Unis, où il y a eu des centaines de manifestations dans le cadre d'une "Marche des femmes" destinée à contrer une offensive conservatrice sans précédent.

"Les femmes sont des êtres humains à part entière et nous devons être traitées en tant que telles. On devrait pouvoir décider de ce qu'on veut faire de nos propres corps, point à la ligne", lance Laura Bushwitz, 66 ans, enseignante retraitée venue manifester à Washington pour cette nouvelle édition de la "Marche des femmes".

"J'en ai marre qu'on me dise ce que je peux ou ne peux pas faire (...) Tu entends ça, la Cour suprême?", lâche-t-elle.

L'entrée en vigueur, le 1er septembre, d'une loi du Texas, qui interdit quasiment tous les avortements dans ce vaste État, a déclenché une véritable guérilla judiciaire et une contre-attaque au Congrès, mais peu de cortèges de manifestants jusqu'ici.

À deux jours de la reprise des audiences à la Cour suprême des États-Unis, qui sera l'arbitre du combat, près de 200 organisations ont finalement appelé les défenseurs du droit à l'avortement à se faire entendre dans tout le pays.

L'événement-phare s'est tenu à Washington, où près de 10 000 personnes se sont rassemblées, des manifestantes tenant des pancartes "Occupe-toi de ton utérus" ou "Légalisez l'avortement", pour défiler jusqu'à la Cour suprême qui, près de 50 ans après avoir reconnu le droit des Américaines à avorter dans son arrêt historique Roe v. Wade, semble prête à enclencher la marche arrière.

À la Cour suprême, les protestataires ont rencontré une contre-manifestation. Une chaîne de policiers anti-émeute a tenu les deux groupes à distance.

La haute juridiction, profondément remaniée par l'ancien président Donald Trump, a en effet refusé d'intervenir en urgence pour bloquer la loi du Texas et pourrait profiter de l'examen d'une loi restrictive du Mississippi pour infléchir sa jurisprudence.

Offensive anti-avortement

Des rassemblements étaient également organisés dans les capitales de ces deux États conservateurs, Austin et Jackson, ainsi que dans plus de 600 villes à travers le pays.

"Nous nous battons pour que l'avortement ne soit pas simplement légal, mais aussi accessible, abordable et sans stigmatisation", écrivent-elles dans un communiqué, en demandant au Congrès d'inscrire dans la loi fédérale le droit à l'avortement, afin de le protéger d'un éventuel revirement de la Cour suprême.

Une proposition de loi en ce sens a été adoptée il y a une semaine, à la Chambre des représentants, aux mains des démocrates, mais n'a aucune chance d'aboutir au Sénat où les républicains disposent d'une minorité de blocage.

En 2017, une première "Marche des Femmes" avait été organisée juste après l'investiture de Donald Trump et avait rassemblé des millions d'opposants au milliardaire républicain accusé de sexisme.

Les éditions suivantes avaient connu moins de succès, en partie à cause de dissensions internes liées à des accusations d'antisémitisme contre une de ses responsables.

Cette page semble tournée : "Cette année, nous sommes unies", assure l'organisation, qui rassemble une large coalition comprenant aussi bien de petites associations féministes, locales ou communautaires, que le géant du planning familial Planned Parenthood.

"On va descendre dans les rues pour la première fois de l'ère Biden, parce que le changement dans le Bureau ovale n'a pas mis un terme au désir politisé, pervers et patriarcal de contrôler nos corps", ajoute-t-elle en référence à l'élection du démocrate Joe Biden en 2020 à la Maison Blanche, qui n'a pas changé la dynamique au niveau des États.

>> À lire : États-Unis : le choix d'Amy Coney Barrett à la Cour suprême pèse lourdement sur le droit à l'avortement

Au contraire, galvanisés par l'entrée au sein de la Cour suprême de trois magistrats choisis par Donald Trump, les élus locaux conservateurs se sont lancés dans une véritable offensive anti-avortement: depuis le 1er janvier, 19 États ont adopté 63 lois restreignant l'accès aux IVG.

Si la Cour devait invalider l'arrêt Roe v. Wade, chaque État serait libre d'interdire ou d'autoriser les avortements. 36 millions de femmes dans 26 États, soit près de la moitié des Américaines en âge de procréer, perdraient probablement le droit d'avorter, selon un rapport de Planned Parenthood publié vendredi.

Avec AFP

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