États-Unis: journée de mobilisation en faveur du droit à l’avortement dans tout le pays

Aux États-Unis, ce samedi 14 mai était une journée de mobilisation en faveur du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Quelques jours après la fuite d’un projet d’arrêt de la Cour suprême qui mettrait fin à la protection constitutionnelle de ce droit et laisserait aux États le soin de légiférer, des manifestations étaient organisées dans tout le pays et notamment dans la capitale fédérale, où siège la Cour suprême.

Ils et surtout elles sont plusieurs dizaines de milliers à marcher des abords de la Maison Blanche jusqu'à devant la Cour suprême barricadée derrière des clôtures depuis la publication du projet, décrit notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin.

Dans le cortège, il y a Christine, elle vit dans la région de Washington et craint qu’après l’IVG, les juges s’attaquent à d’autres droits : « Si le projet du juge Alito devient la future loi du pays, cela signifie que chaque droit, que chacun a ici aux États-Unis, est en danger. Cela pourrait mener à l’annulation de la possibilité d’accéder à la contraception et de contrôler son propre corps ou n’importe quoi d’autre. »

Transporter les femmes dans des États plus libéraux pour avorter

Plus loin dans la foule, Alexis est venue de l’Ohio, et elle savoure le moment : « On se sent vraiment fortes, c’est comme cela devrait être. Nous sommes la majorité et je suis sûre que plus de gens seraient venus s’ils avaient pu. Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas nous faire entendre et faire le nécessaire pour empêcher ce droit d’être annulé. »

Alexis a déjà avorté et c’est pour cela qu’elle aide les autres : « C’est incroyablement difficile, spécialement dans mon État, un État rouge, un État républicain. Donc, je suis dans des groupes Facebook où nous proposons de transporter les personnes vers des États plus libéraux si elles ont besoin d’un avortement ou de soins médicaux qu’elles ne pourraient obtenir chez elles. »

Des manifestations au Texas

Dans l'État conservateur du Texas, des manifestations ont aussi eu lieu, rapporte notre correspondant à Houston, Thomas Harms. Plus d’un millier de personnes sont venus à Austin, presque autant à Houston comme Laura Lac qui était avec ses enfants : « avec mes deux garçons, ma sœur, mes amis et leurs deux enfants. Je voulais montrer à mes fils ce que cela veut dire de prendre position pour l’égalité et pour défendre ses droits ».

Lauren Bregance a 41 ans, elle a manifesté avec sa mère qui vu le droit à l’avortement être autorisé partout aux États-Unis, il y a 50 ans : « Je ne suis pas qu’un utérus, je suis un être humain, et personne ne devrait pouvoir décider de ce que je peux faire de mon propre corps. Il est temps de tout faire pour que l’IVG soit inscrit dans la loi, et donc il est temps d’élire des défenseurs de cette cause. »

Depuis 1973, aucune loi n’a en effet été voté et la dernière tentative la semaine passée à Washington n’a pas aboutie à cause du blocage du Sénat. Des réseaux sont déjà en place au Texas pour aider les femmes qui vont devoir avorter malgré une probable interdiction.

« La guerre contre les femmes a duré depuis trop longtemps, s'exclame Lassié Wilkins qui est venue avec 2 amies feministes. On sait qu’il y a beaucoup de colère, de ressentiment, de haine même. On est venue pour transmettre notre amour à tous, même à ceux qui sont opposés a ce à quoi on croit. »

En marge de la manifestation, des extrémistes religieux priaient et un militant d’extrême-droite s’est fait interpeller après avoir provoqué la foule.

Si le projet était confirmé, c’est une vingtaine d’États qui pourraient interdire l’avortement.

À écouter: États-Unis: New York, ville refuge de l'IVG

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