A la Une: États-Unis-Iran, vers une nouvelle guerre ?

Beaucoup de commentaire sur les conséquences de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran continuent à alimenter les Une. Pour un ancien conseiller de l’ex-président George W. Bush, qui s’exprime dans le Washington Post, le risque d’une guerre a augmenté, mais en même temps aussi les chances d’une solution diplomatique. Tout dépend si le président Donald Trump réussit à dissuader l’Iran de mettre en œuvre ses menaces de représailles.

Pour le New York Times, la stratégie américaine a déjà commencé à se retourner contre l’administration américaine. Tous les efforts diplomatiques pour contenir les ambitions nucléaires de Téhéran ont été vains. Avec l’annonce iranienne de reprendre la totalité de ses opérations d’enrichissement nucléaire, les États-Unis et Israël doivent se poser une question cruciale : faut-il envisager des actions militaires ou des cyberattaques afin de l’empêcher.

Une situation « au bord du précipice »

Le journal canadien Le Devoir évoque une situation « au bord du précipice. L’assassinat du général iranien Qassem Soleimani par les États-Unis relève d’un calcul politique difficile à comprendre », écrit le quotidien. « L’assassinat du général iranien Qassem Soleimani par les États-Unis relève d’un calcul politique difficile à comprendre », écrit le quotidien. « Dans sa volonté d’exercer une "pression maximale" sur l’Iran et de contenir ses ambitions militaires au Moyen-Orient, le gouvernement Trump a tenté un geste risqué, susceptible de mener à une guerre ouverte entre les deux pays ». Le journal s’interroge sur les motivations de l’administration américaine. Washington espérait-il contenir Téhéran ? La frappe contre le général Soleimani et Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux d’une organisation paramilitaire pro-iranienne en Irak, a plutôt mené à une explosion de colère et à des appels à la vengeance. Depuis le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord sur le nucléaire, en mai 2018, tous les gestes faits de part et d’autre se résument en un mot : « escalade ».

Pour le journal brésilien Folha de São Paulo, « la détérioration des relations entre les États-Unis et l’Iran est le meilleur exemple de l’impact catastrophique de la politique de Donald Trump sur la gouvernance globale ». Motivé par un désir infantile de détruire l’héritage de son prédécesseur Barack Obama, il a donc ordonné « l’assassinat illégal d’un personnage clé du régime et il menace de commettre des crimes contre l’humanité », poursuit Folha de São Paulo, avant de conclure avec étonnement : « C’est fou qu’il y ait encore des gens qui soutiennent ces méthodes et qui préfèrent vivre dans un monde sans lois ».

Deux présidents pour une Assemblée nationale au Venezuela

Le Venezuela avait jusqu’à présent deux présidents. Nicolas Maduro et Juan Guaido, président autoproclamé par intérim. Depuis dimanche 5 janvier 2020, le pays compte aussi deux chefs de Parlement. Un député dissident de l’opposition s’est autoproclamé président de l’Assemblée nationale, un acte reconnu par les autorités chavistes. La session a été tumultueuse, car une grande partie de l’opposition a été empêchée par la police d’entrer dans l’enceinte du Parlement. Parmi ces députés, Juan Guaido qui voulait se faire réélire en tant que président de l’Assemblée nationale, une fonction qu’il occupait en plus de sa charge de président autoproclamé du pays.

Seulement voilà, n’ayant pas pu participer au vote, il s’est rendu avec d’autres membres de l’opposition au siège du journal El Nacional pour improviser une séance. Au cours de cette séance, il a été confirmé dans ses fonctions. Alors que le site d’information (proche de l’opposition) Tal Cual dénonce un « coup parlementaire », le journal Diario 2001 note que ce lundi, l’Assemblée nationale se réveille avec deux exécutifs distincts. Proche du pouvoir chaviste, le quotidien El Luchador titre sur « Luis Parra, le nouveau président de l’Assemblée nationale » et qualifie la réélection de Juan Guaido d’« illégitime ». El Universal, de son coté, met l’accent sur les réactions internationales à commencer par celles de l’Argentine, de l’Équateur ou du groupe de Lima qui condamnent l’usage de la force qui a empêché la tenue d’une session parlementaire normale.

Une « situation désespérée » pour Juan Guaido

Le quotidien El National (dont le siège a servi hier aux députés de l’opposition pour se réunir en session et confirmer Juan Guaido dans ses fonctions) présente les députés de l’opposition qui ont « tourné le dos à Juan Guaido » et sont passés dans le camp chaviste. Ils sont 18 au total à partager la stratégie du gouvernement qui, selon El National, consiste à empêcher la réélection de Juan Guaido.

Le Miami Herald note que ce coup contre le président autoproclamé arrive à un moment où ce dernier se bat pour sa survie politique. Le journal de Floride qualifie la session du vote improvisée au siège du journal El National d’« acte désespéré ».

Le racisme au Brésil

Au Brésil, le racisme à l’égard des Afro-Brésiliens a des conséquences importantes sur le marché de travail. Selon une étude publiée par le journal Folha de São Paulo, la différence de salaire entre Blancs et Noirs au Brésil est de 45 % en général et 31 % pour les personnes qui ont au moins l’équivalent du bac. Un responsable de Facebook au Brésil reconnaît que ses origines d’afrodescendant lui ont fermé beaucoup de portes.