états-Unis Les fonctionnaires face à un mur

Libération.fr

Le «shutdown» du gouvernement, qui dure depuis vingt-deux jours, prive 800 000 personnes de revenus et met en lumière la précarité des employés fédéraux, principales victimes du bras de fer entre Trump et le Congrès.

C’est le plus long shutdown, soit la paralysie partielle des administrations fédérales américaines, de l’histoire. Plus de 800 000 fonctionnaires qui travaillent sans salaire ou sont mis au chômage technique depuis Noël, des milliers de prestataires privés sur le carreau. Plusieurs secteurs de l’économie et la vie quotidienne des Américains touchés, des contrôles des fruits et légumes aux tribunaux en passant par la sécurité des aéroports, l’administration fiscale et les laboratoires de recherche. L’impasse dans laquelle se trouve le gouvernement américain est à la hauteur de la démesure de sa cause : la volonté - lubie électoraliste anti-immigration illégale du président Donald Trump depuis sa campagne de 2016 - de faire construire un mur continu le long des 3 200 kilomètres de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, de la Californie au Texas, du Pacifique au Golfe du Mexique. Un projet pharaonique, alors qu’aujourd’hui, un tiers de la frontière est déjà couvert par un mur, résultat du durcissement des lois sur l’immigration des administrations successives depuis près de quarante ans.

«No wall, no deal»

Pour financer son «grand et beau mur», Donald Trump réclame près de 6 milliards de dollars au Congrès. Ses adversaires démocrates, en majorité désormais à la Chambre des représentants, s’y opposent et dénoncent l’inefficacité comme le coût d’une telle construction. Ce désaccord a empêché l’adoption d’un budget le mois dernier, d’où le shutdown, qui devrait entrer ce samedi dans son 22e jour. Il pourrait durer «des mois, voire des années», a même menacé le Président devant le refus de l’opposition à céder. «No wall, no deal», a lancé le vice-président Mike Pence, résumant la position de Trump.

Interrogé sur le sort des employés fédéraux victimes (...)

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