États-Unis : la Cour suprême maintient les restrictions à l’immigration de l’ère Covid

PAUL RATJE / NYT

La mesure, connue sous le nom de “Titre 42”, avait été “mise en place en mars 2020, au début de la pandémie de coronavirus”, pour des raisons de “santé publique”, rappelle Fox News. Officiellement, l’objectif était d’éviter que l’immigration – légale ou illégale – ne contribue à la propagation du Covid-19.

Depuis son entrée en vigueur, le Titre 42 a été utilisé “plus de 2,5 millions de fois pour expulser des migrants – dont de nombreux demandeurs d’asile”, selon les chiffres de la police aux frontières, reproduits par The New York Times.

La pandémie étant officiellement terminée aux États-Unis, le gouvernement de Joe Biden s’est prononcé pour une levée de la mesure et un retour à la politique migratoire préCovid. Mais plusieurs États, majoritairement républicains, ont porté l’affaire devant les tribunaux, craignant un afflux incontrôlable de migrants à la frontière mexicaine, une fois le Titre 42 abrogé.

Un novembre, un juge fédéral avait donné raison au gouvernement, estimant que “la mesure avait fait très peu pour améliorer la santé publique, mais beaucoup pour mettre en danger la vie des migrants”, avant d’ordonner son abrogation avant la fin de l’année, précise The New York Times.

“Prétexte”

Saisie par les États réfractaires, la Cour suprême, à majorité conservatrice, a décidé mardi 27 décembre de maintenir la mesure, le temps de décider – probablement au printemps – si les États sont compétents pour remettre en cause une décision fédérale.

“À la frontière, les migrants attendent dans des campements au Mexique depuis des mois, attendant l’abrogation de la mesure pour pouvoir déposer leur demande d’asile”, raconte CNN. “Les défenseurs des droits des migrants et les experts de la santé dénoncent depuis longtemps l’utilisation d’une mesure de santé publique” pour réguler l’immigration à la frontière mexicaine, considérant “qu’il s’agit d’un prétexte pour empêcher les migrants d’entrer aux États-Unis”.

De surcroît, les expulsions immédiates auraient “pour effet involontaire d’encourager les tentatives répétées de traverser la frontière”, et par là même la concentration de migrants aux portes des États-Unis, car sous le régime du Titre 42, “les poursuites judiciaires pour entrée illégale sur le territoire ont globalement été abandonnées”, observe El Paso Times.

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