États-Unis: le compost humain après la mort est désormais autorisé dans l'État de New York

Aux États-Unis, New-York devient le sixième État à autoriser le compost humain après la mort. - Pixabay
Aux États-Unis, New-York devient le sixième État à autoriser le compost humain après la mort. - Pixabay

Transformer son corps en humus pour le bien de la planète. Aux États-Unis, New York devient le sixième État à autoriser le compost humain après la mort, après son autorisation par la gouverneure de l'État Kathy Hochul ce dimanche 1er janvier.

Cette méthode d'enterrement, alternative à la crémation et à l'inhumation, est jugée bien plus respectueuse de l'environnement. Pour se faire, les restes doivent être livrés à une société de cimetière spécialisée dans la réduction organique. Ils ne doivent contenir ni batterie, pile électrique ou implant radioactif.

Le défunt est ensuite placé dans un conteneur réutilisable et semi-ouvert contenant une litière adaptée - copeaux de bois, luzerne ou paille - idéale pour que les microbes puissent vaquer à leurs occupations.

"À la fin du processus (six à huit semaines), un mètre cube entassé de terre riche en nutriments, soit environ 36 sacs de terre, est produit et peut ensuite être utilisé comme engrais", explique le média anglais.

Selon TV5 Monde, le résultat est celui de "l'équivalent de deux brouettes". "Tout ce que nous pouvons faire pour détourner les gens des revêtements en béton, des cercueils fantaisistes et de l'embaumement, nous devons le faire et le soutenir", a déclaré Michelle Menter, directrice de Greensprings Natural Cemetery Preserve, un cimetière à but non lucratif dans le centre de New York.

Sujet sensible des pratiques funéraires

Avant d'autoriser ce procédé, la gouverneur de l'État de New York Kathy Hochul s'était retrouvée dans un dilemme, rappelle le Guardian. Fière irlando-américaine, elle n'a jamais caché l'influence de ses racines irlandaises sur sa vision politique.

"Le compostage est un procédé généralement utilisé pour les déchets ménagers ou agricoles, et n'offre pas le respect dû aux restes corporels", s'était indignée dans un communiqué, en novembre dernier, la Conférence catholique de cet État.

Washington a été le premier État à légaliser le compostage humain en 2019, suivi du Colorado et de l'Oregon en 2021, puis du Vermont et de la Californie plus tard en 2022.

En France, la question du compost humain s'est déjà posée en 2016. Dans une question écrite, la sénatrice LR du Rhône Elisabeth Lamure affirmait qu'un "certain nombre de Français, dont des habitants du département du Rhône, souhaitent pouvoir bénéficier de l'humusation".

Réponse du ministère: "Son introduction en droit interne soulèverait des questions importantes, tenant notamment à l'absence de statut juridique des particules issues de cette technique et de sa compatibilité avec l'article 16-1-1 du code civil".

Il avait néanmoins ouvert la voie à "une réflexion approfondie qui pourrait se poursuivre dans le cadre du Conseil national des opérations funéraires (CNOF)".

Article original publié sur BFMTV.com