États-Unis: le bilan économique de Donald Trump marqué par le Covid-19

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En 2016, Donald Trump a hérité d'un pays en bonne forme, laissé par son prédécesseur Barack Obama. Quatre ans plus tard, le programme du président républicain « Make America Great Again » a volé en éclats. La crise sanitaire avec la pandémie de Covid-19 a changé la donne.

Dans son projet présidentiel, le candidat républicain s’était engagé à éliminer la totalité de la dette publique. Mais les baisses d’impôts accordés aux revenus les plus élevés et le plan de relance, voté au printemps dernier, ont creusé les comptes publics. Fin 2019, le déficit a atteint 23 000 milliards de dollars contre près de 20 000 milliards fin 2016. Et la dette publique atteint désormais un niveau inquiétant : 100% du produit intérieur brut.

Le deuxième pilier de la politique de Donald Trump, partisan du protectionnisme, était la guerre commerciale et tarifaire contre la Chine. Mais cela n’a pas eu le succès escompté. Le protectionnisme n’a pas permis la désindustrialisation du pays.

Malgré les taxes américaines, l’excédent commercial avec les États-Unis est toujours élevé. Il s’établit à plus de 30 milliards de dollars. Et même si au mois de septembre, cet excédent commercial a baissé par rapport aux 34 milliards du mois d’août, il reste en hausse sur l’ensemble de l’année, à plus de 18%.

La déréglementation au détriment de l’environnement

En matière d’échanges commerciaux, Donald Trump a également dénoncé le traité de libre-échange nord-américain (Alena) conclu en 1994, le considérant déséquilibré et destructeur d’emplois. À l’issue de négociations difficiles, un nouvel accord, l’AEUMC, a été signé entre les États-Unis, le Mexique et le Canada. Le texte est entré en vigueur le 1er juillet 2020. Il est donc encore trop top pour juger des effets sur l’économie américaine.

L’autre promesse de campagne de Donald Trump, c’était la déréglementation. L'administration Trump a dérégulé à tout va. Dans le domaine de l’énergie et de l’écologie, de nombreuses lois ont été abrogées. Le pays a ainsi vu se développer des activités fortement consommatrices d’énergies fossiles et l'exploitation du gaz de schiste, mais au détriment de l’environnement. D’autres mesures ont été prises concernant les normes automobiles ou encore la pollution de l’air. Les États-Unis se sont également retirés en 2017 de l'accord de Paris pour le climat.

Chômage et précarité

Sur le front de l’emploi, tout s'est effondré avec l’épidémie de Covid-19. Jamais le taux de chômage – près de 8% – n’a été si élevé depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, le pays a recréé 11 millions d’emplois. Soit la moitié des 22 millions détruits, en mars dernier, au début de la crise sanitaire.

Le décalage entre la perte d’emploi liée à la crise du Covid-19 et l’indemnisation du chômage pèsent sur les plus démunis. Les inégalités se creusent. Un Américain sur sept vit désormais dans la pauvreté. Les banques alimentaires sont débordées. Plus de 37 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire pour se nourrir.