États-Unis: après la tuerie de Boulder, Biden réclame l'interdiction des fusils d'assaut

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« Nous devons bannir les fusils d'assaut », voilà le plaidoyer de Joe Biden après la nouvelle tuerie survenue aux États-Unis. Au moins dix personnes ont été tuées dans un supermarché de la ville de Boulder, au Colorado. Le président américain exhorte les parlementaires américains à prendre des décisions fortes pour sauver des vies. Mais les bonnes intentions de Joe Biden ont-elles des chances d'aboutir à du concret ?

Le président Joe Biden a réclamé mardi l'interdiction des fusils d'assaut après la nouvelle tuerie qui a relancé le débat sur la prolifération des armes à feu aux États-Unis et dont l'auteur présumé, un jeune homme de 21 ans, a été inculpé.

Ce massacre lundi, qui a fait 10 morts dont un policier dans un supermarché de Boulder dans le Colorado, est intervenu moins d'une semaine après qu'un homme a abattu huit personnes dans des salons de massage asiatiques d'Atlanta, en Géorgie. Une répétition qui a suscité des appels pressants envers l'administration démocrate et les élus à agir.

Suspect hospitalisé

Identifié comme Ahmad Al Aliwi Alissa, le suspect a été hospitalisé, il se trouve dans un état stable, a indiqué la cheffe de la police de Boulder. « Il a été inculpé de dix meurtres », a-t-elle précisé.

Les motivations de cet homme, décrit par des proches comme « asocial » et « paranoïaque », ne sont pas encore connues, selon les autorités, qui ont découvert qu'il avait fait l'acquisition d'une arme semi-automatique Ruger AR-556 moins d'une semaine avant la fusillade.

« Je n'ai pas besoin d'attendre une minute de plus, encore moins une heure, pour prendre des mesures de bon sens qui sauveront des vies à l'avenir et pour exhorter mes collègues à la Chambre et au Sénat à agir », a-déclaré Joe Biden. « Nous devons aussi bannir les fusils d'assaut », a-t-il ajouté.

La porte-parole de la Maison Blanche a un peu plus tard évoqué différents « leviers » pour renforcer le contrôle des armes à feu et plus généralement répondre à « la violence dans la population ». Cela pourrait notamment passer selon elle par « des actions de l'exécutif », et pas seulement une procédure législative.

Mal récurrent

Les fusillades de ce type, notamment dans les écoles, les centres commerciaux ou les lieux de culte, sont un mal récurrent des États-Unis que les gouvernements successifs ont été impuissants à endiguer. Barack Obama a appelé dans un communiqué à « surmonter l'opposition de politiciens lâches et la pression du lobby des armes à feu ». « Il faut agir maintenant pour empêcher ce fléau de continuer à ravager notre population », a dit pour sa part la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a de son côté dénoncé « une épidémie continue de violence par armes à feu qui vole des vies innocentes avec une alarmante régularité ».

Mais l'hypothèse d'un durcissement des lois sur les armes reste improbable compte tenu de l'opposition des républicains. Et encore une fois, les bonnes intentions de Joe Biden ont très peu de chances d'aboutir à du concret souligne le politologue et spécialiste des États-Unis, Didier Combeau.

Le Colorado a déjà connu deux des pires tueries de l'histoire américaine. La ville de Boulder avait décrété une interdiction sur les armes de type fusil d'assaut et les chargeurs à grande capacité après une fusillade dans un lycée de Parkland (17 morts), en Floride en 2018. Mais selon le journal Denver Post, un juge a suspendu cette interdiction la semaine dernière, une décision saluée par la National Rifle Association (NRA), le premier lobby des armes.

(avec AFP)