"Il était méconnaissable" : un policier belge raconte l'interpellation de Salah Abdeslam

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Le principal accusé des attentats du 13-Novembre a été interpellé en mars 2016 à Molenbeek, la commune belge où il a grandi.

"C’est une fierté" que ce policier belge expose ce mardi matin au micro de RTL. C’est lui qui a débusqué Salah Abdeslam, planqué dans son quartier de Molenbeek en Belgique, quatre mois après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris

"Ça faisait quatre mois qu’on le traquait, il y avait une pression énorme, on l’avait raté deux fois, on ne pouvait plus se permettre de le louper", se souvient Lionel.

"Il n’obtempère pas" 

Le seul survivant des commandos meurtriers a pris la fuite le soir-même en passant par Châtillon avant de rejoindre son pays natal, la Belgique. A 9h10 le 14 novembre, il est contrôlé au péage d'Hordain sur l'autoroute A2 dans le sens Paris-Bruxelles et continue sa route sans encombre, son identité n’étant alors pas encore connue. Il enchaîne les points de chute, à Schaerbeek, Forest et Molenbeek, la commune où il a grandi. Après un travail de longue haleine, les enquêteurs parviennent à localiser sa planque et interviennent en mars 2016. 

"Plusieurs équipes sont positionnées autour du lieu. On rentre par l’arrière, on escalade et on grimpe sur des façades et des toits. Et puis on voit dans le fond du couloir, au rez-de-chaussée, une ombre sortir d’une des portes. On donne les injonctions: 'Lève les mains', 'tourne-toi', etc. Il n’obtempère pas, il joue un peu avec les collègues, il lève les bras et les redescend, il se montre puis ne se montre pas, il esquive et il part en courant. Mais dans les deux premiers mètres, il est touché à la jambe", détaille Lionel.

Le policier découvre un homme "méconnaissable. Il a une barbe de trois, quatre semaines, il n’a pas vu le soleil depuis des mois", décrit-il. 

Jugement attendu

Incarcéré en France en avril 2016, Abdeslam reste quasiment mutique tout au long de l'instruction. Une seule fois, face aux juges, il se lance dans une tirade religieuse justifiant les attaques. L'enquête permet cependant d’établir qu'il a convoyé plusieurs membres des commandos jihadistes et loué pour eux voitures et chambres d'hôtel. Il est aussi soupçonné d'avoir acheté des produits pour fabriquer les ceintures explosives.

Mais l'incertitude demeure sur son rôle exact le soir du 13 novembre 2015 et sur les raisons pour lesquelles il n'a pas fait usage de la ceinture explosive qu'il portait. A-t-il essayé de se faire exploser? A-t-il renoncé? Les enquêteurs estiment plutôt qu'il n'a pas réussi - les expertises ont montré que sa ceinture explosive était défectueuse. C’est donc vers lui que tous les regards se tournent au procès des attentats, avec l'espoir d'en savoir davantage sur son rôle.

"On espérait pouvoir le choper vivant, surtout pour les victimes. C’est une fierté et j’espère qu’il sera jugé comme il se doit", insiste le policier.

Interventions intempestives

Depuis l’ouverture des audiences, l’accusé de 31 ans s’est déjà fait remarquer par ses interventions intempestives et véhémentes. Lundi, il a interrompu l’audition d’un commissaire de police chargé de présenter l'enquête. Le témoin ne parlait que depuis quelques minutes quand Salah Abdeslam l'a coupé, hurlant pour se faire entendre depuis le box.

"C'est quand qu'on aura la parole?!", a scandé le seul membre encore en vie des commandos. "Monsieur Abdeslam, si vous continuez vous allez sortir du box", l’a prévenu calmement mais fermement le président, Jean-Louis Périès. Il a dû s'y reprendre à plusieurs fois avant qu’Abdeslam ne finisse par se taire. 

Article original publié sur BFMTV.com

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