Qui était Harry Croner, le photographe de la rafle du billet vert?

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Les 98 photos de cette arrestation massive de Juifs étrangers le 14 mai 1941 ont été attribuées à Harry Croner, un Allemand qui deviendra après-guerre un célèbre photojournaliste, qui a réalisé des portraits de personnalités du monde de la culture.

Identifier l’auteur des 98 photos n’a pas pris longtemps à Lior Smadja-Lalieu, la directrice de la photothèque du Mémorial de la Shoah. Elle connaissait déjà sept d’entre elles, qu’elle a reconnues parmi les planches contacts que des collectionneurs lui ont apporté l’an dernier. Fixées sur des feuilles cartonnées vertes, elles ne comportaient aucune légende ni annotation, seulement des petites croix marquant ces sept photos. Celles qui furent sélectionnées par la propagande et rapidement transmises à la presse collaborationniste française. Publiées dans ces journaux, elles étaient signées Harry Croner. Cet Allemand est un photographe de la Propagandakompanie, né en 1903, enrôlé dans la Wehrmacht et arrivé en France en 1940. Ce 14 mai 1941, il est envoyé au gymnase Japy à Paris, l’un des lieux de convocation des Juifs, puis il suit les hommes arrêtés à la gare d’Austerlitz. Dans les jours suivants, il se rend dans les camps du Loiret pour finir son reportage sur la première rafle de Juifs étrangers organisée par la Gestapo et exécutée par la police française.

Les planches contacts ne contiennent pas que ce travail de commande. Après avoir pris ces photos le 14 mai, Harry Croner finit l’une de ses pellicules, sans doute le soir même. On y voit le stand de tir de Balard dans le XVe arrondissement de Paris, qui sera transformé quelques mois plus tard par les Nazis en un lieu de torture où furent fusillés au moins 143 résistants. D’autres montrent une réception avec de nombreux soldats allemands dans une salle de restaurant où un grand drapeau nazi est accroché un mur. Le lieu est identifié par Serge Klarsfeld comme l’ambassade d’Allemagne à Paris.

Ce reportage, le choix des sujets, des cadrages, a interrogé Lior(...)


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