"Il était une Fois Sergio Leone" à la Cinémathèque française

Jacky Bornet
Si Sergio Leone (1929-1989) n'a réalisé que sept films durant une carrière prématurément interrompue à 60 ans, son influence est majeure dans l'histoire du cinéma, par sa réinvention du western. Il lui donna des couleurs européennes, et révéla du même coup la star Clint Eastwood. La Cinémathèque française, à Paris, lui consacre une belle exposition doublée d'une rétrospective jusqu'au 27 janvier.


Enfant de la balle

La route était toute tracée pour Sergio Leone quand il naît le 3 janvier 1929, d'un père pionnier du cinéma italien, Vincenzo Leone, dont le nom de scène est Roberto Roberti, et d'une mère actrice Edwige Valcarenghi, au pseudonyme de Brice Bertini. Signe prémonitoire, ce père tutélaire signa le premier western italien, malheureusement perdu, "La Vampire indienne", en 1913, avec son épouse dans le rôle-titre, "vampire" désignant à l'époque une femme fatale.

Élève effacé dans une école religieuse de Rome, Sergio se retrouve étonnamment dans la même classe que son futur compositeur fétiche auxquels ses films à venir seront identifiés, Ennio Morricone. Celui qui deviendra son plus proche collaborateur et ami, lui rappellera cette rencontre des années plus tard, Leone l'ayant oubliée. 

Bien installé dans le monde du cinéma, qu'il quittera dans les années 40 pour son opposition au fascisme, Roberto Roberti introduit son fils dès la fin de ses études, à 18 ans, dans le 7e Art. Il commence une longue carrière d'assistant réalisateur, à commencer auprès de Carmine Gallone sur une série d'adaptations d'opéras qu'il honnit curieusement, ses films recélant par la suite une dimension lyrique. Mais c'est sa collaboration en 1948 avec Vittorio De Sica sur "Le Voleur de bicyclette" qui le marquera à jamais, comme assistant, mais aussi comme figurant en jeune séminariste s'abritant de la pluie. 

Quand les Américains décentralisent la réalisation de grosses productions à Cinecitta, notamment des péplums, Leone devient l'assistant de Robert Wise ("Hélène de Troie"), Fred Zinnemann ("Au risque de se perdre"), William Wyler ("Ben-Hur", notamment sur la course de chars) et Robert Aldrich ("Sodome et Gomorrhe"), dont il quittera le plateau lors d'un tournage houleux. 

Débuts antiques

Le péplum connaît dans les années 50-début 60 son âge d'or. Leone y contribuera largement, toujours comme assistant. Dès 1949, avec "Fabiola" d'Alessandro Blasetti, puis (...)

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