Éric Ciotti : cet argument inattendu lors du recours judiciaire devant valider (ou non) son exclusion des LR

Éric Ciotti, ex-président LR devant le siège de son parti le 13 juin 2024 
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP Éric Ciotti, ex-président LR devant le siège de son parti le 13 juin 2024

POLITIQUE - Problème de taille chez Les Républicains. Le tribunal judiciaire de Paris examine ce vendredi 14 juin le recours d’Éric Ciotti devant la justice. Le président déchu des LR contexte son expulsion, actée après l’annonce d’une alliance avec le RN pour les élections législatives des 30 juin et 7 juillet.

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Le député des Alpes-Maritimes sera fixé sur son sort vers 19 heures vendredi soir, heure à laquelle la décision doit être rendue. L’audience en référé s’est ouverte ce matin, en l’absence du principal intéressé, et dans une ambiance plus que confuse.

Un parti, deux avocats

11H, l’audience s’ouvre. L’appel des parties débute sauf que ce n’est pas un mais deux avocats qui se présentent comme représentant des Républicains. L’un côté Éric Ciotti, l’autre côté Annie Genevard et François-Xavier Bellamy - tout deux à la tête des LR par intérim depuis l’éviction de leur chef.

Aucun des deux camps ne veut céder car derrière cette question, se cache l’enjeu central de l’audience du jour : qui préside aujourd’hui Les Républicains ? La présidente Maïté Grison-Pascail demande donc une suspension pour clarifier la situation.

Une heure plus tard, le tribunal décide finalement d’entendre les deux avocats.

« Un homme d’1m60, 60 ans »

Maître Philippe Prigent, l’avocat d’Éric Ciotti, commence. Il est formel, cette exclusion ne repose sur aucune légitimité. « On apprend qu’Éric Ciotti aurait été de nouveau exclu par le bureau politique ce matin », déroule le conseil de l’élu, reprenant la conclusion d’un nouveau bureau politique qui s’est tenu vendredi matin. « Cela veut dire que la précédente exclusion, le 12 juin, n’a pas de valeur », (...) on ne révoque pas deux fois » ironise-t-il à la barre.

Selon Me Prigent toujours, le bureau politique ne pouvait être convoqué qu’à la demande de M. Ciotti ou « d’au moins un quart des conseillers nationaux » du parti. « Le bureau politique s’est réuni au mépris des textes » avance-t-il.

Il dégaine ensuite un argument doublé d’une requête pour le moins étonnants : « Laisser Éric Ciotti se déplacer librement au sein du siège des Républicains. C’est un homme qui fait 1m60 qui a 60 ans, il n’a pas envie de se faire casser la figure. Je ne demande pas quelque chose d’incroyable », a déclaré l’avocat, alors que la question de l’accès d’Éric Ciotti au siège des Républicains est devenu un enjeu ces derniers jours.

« Décision solitaire »

C’est au tour de Me Benoît Verger, avocat des LR « nouvelle ère » de prendre la parole. « Le 11 juin, lorsqu’Eric Ciotti annonce cette union avec le RN, c’est la stupeur. Tout le monde dénonce une décision solitaire, sans concertation » raconte l’avocat, comme le rapporte la jounaliste Alexandra Gonzalez de BFMTV sur X (ex-Twitter). Il estime que M. Ciotti « s’est placé en dehors des statuts ». « Il n’a pas le droit d’utiliser le logo » du parti, insiste-t-il, il n’avait « pas le droit de changer l’orientation politique du mouvement ».

Dans un communiqué diffusé jeudi soir, le parti a assuré avoir déjà désigné plus de 200 candidats, dont les 59 députés sortants qui n’ont pas suivi leur président. De son côté, le président du RN, Jordan Bardella, a annoncé vendredi qu’« il y aura un candidat commun » RN-Républicains « dans 70 circonscriptions » lors du premier tour le 30 juin.

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