Équitation - JO - Paris 2024 - Paris 2024 : en concurrence avec le site de Versaille, Lamotte-Beuvron va être évalué par des experts

L'Equipe.fr
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Le site éphémère de Versailles est quasiment confirmé pour l'équitation des Jeux de 2024. Il n'empêche qu'après de fortes pressions politiques, le site de Lamotte-Beuvron va faire l'objet la semaine prochaine d'une inspection poussée, pour évaluer de plus près son potentiel. C'est pour la semaine prochaine. Des experts de la fédération internationale d'équitation, accompagnés de membres du Comité d'organisation des JO 2024 (COJO), visiteront, et surtout évalueront, les 400 hectares du parc équestre de Lamotte-Beuvron, également siège de la fédération française. Le lieu, situé entre Orléans et Vierzon, se revendique comme un site crédible pour organiser les épreuves d'équitation des Jeux de Paris, avec le Center Park voisin comme village Olympique annexe. lire aussi Paris 2024 : Versailles confirmé pour l'équitation, le site de Lamotte-Beuvron grince des dents On n'en est pas encore à un changement avec le site éphémère de Versailles, retenu officiellement, loin de là. La volonté du COJO est bien de produire des images mémorielles sur fond enchaîné de galerie des Glaces et de Château emblématique, quand bien même il sera situé à presque trois kilomètres. Versailles n'était pas négociable et ne semble toujours pas l'être, d'autant qu'il est situé sur les terres électorales de Valérie Pécresse, la présidente influente de la région île de France. « Tout n'est pas sur table » nous confiait Jean-Philippe Gatien, le directeur des sports du COJO. C'est un « marqueur » des Jeux dessinés par l'équipe de Tony Estanguet. Aucune visite n'était prévue à Lamotte puisque ce n'était pas une alternative. C'était pourtant ce que réclamaient les acteurs locaux, à cor et à cri, maire en tête, qui estimaient cette façon de faire « comme un peu cavalière », presque comme un mépris vis-à-vis de la ruralité. Versailles avait été reconfirmé en début de mois, malgré une carte globale des jeux remodelée et simplifiée face à la nécessité de faire des économies. Mais la fédération française, qui en d'autres temps s'était rangée derrière la candidature Versaillaise, et surtout quelques élus, ont continué de faire un forcing très politique, avançant des arguments liés aux territoires, à l'héritage et aux coûts, distribuant des « dossiers de cinq kilos » à d'influentes personnalités très haut placées. Résultat, le COJO a été prié d'aller voir de plus près. Un chiffre notamment est agité en étendard. Le coût de Versailles est estimé à 27,3 millions, celui de Lamotte à 10 à 12 millions. Deux estimations assez élastiques. « On n'est pas à la louche, on est au bulldozer », estime un très proche des dossiers. Au COJO on a bien entendu « un climat de contestation assez fort » et on parie sur les experts de la fédération internationale - dont les dirigeants s'imaginent plutôt à Versailles - pour définir « des critères objectifs » qui rallieront la plus grande part des parties. lire aussi Pour Serge Lecomte, président de la FFE, Versailles serait « un projet coûteux » Le site de Versailles est vivement contesté par de nombreux acteurs des activités hippiques, Chantilly et Grosbois, notamment, s'étant aussi présentés, jusqu'à récemment encore comme sites alternatifs. Mais ces candidatures, pas toujours appuyées par des dossiers, s'inscrivaient plutôt dans des logiques extérieures, notamment de communication. Les sites doivent être validés définitivement avant le fin de l'année. « Je nous donne dix pour cent de chance » confiait fin septembre un membre important de la fédération française, qui considérait néanmoins qu'une visite du site de Lamotte-Beuvron pourrait être un acte majeur pour renverser les moins convaincus...