En Équateur, l'état d'exception décrété dans les prisons après la mort de 116 détenus

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Des affrontements entre prisonniers ont fait, mardi, au moins 116 morts et près de 80 blessés dans un établissement pénitentiaire de Guayaquil, dans le sud-ouest de l’Équateur. Le lendemain, le président équatorien Guillermo Lasso a décrété "l’état d’exception" dans toutes les prisons du pays.

Face à la multiplication des affrontements entre gangs rivaux dans les prisons d'Équateur, le président Guillermo Lasso a pris une décision drastique. Il a décrété, mercredi 29 septembre, "l’état d’exception" dans tous les établissements pénitentiaires du pays. Cette annonce intervient au lendemain de violences qui ont fait plus de 116 morts dans la prison de Guayas.

"À Gayaquil, je présiderai le comité de sécurité chargé de coordonner les actions nécessaires pour contrôler l’urgence, en garantissant les droits humains de toutes les personnes impliquées", a précisé Guillermo Lasso sur son compte Twitter.

En juillet, le chef de l’État avait déjà décrété "l’état d’urgence" dans les prisons, après la mort d’une vingtaine de détenus dans un nouvel accès de violences.

Il avait alors promis "un processus de restructuration total du système carcéral", remplaçant le directeur de l’administration pénitentiaire par un militaire. "L’état d’exception" marque un cran supplémentaire dans l’action des autorités et une prise en main directe du sujet par le président.

Un bilan revu à la hausse

Les affrontements de mardi, les plus meurtriers cette année, ont eu lieu dans le vaste complexe carcéral de Guayas, à Guayaquil, ville portuaire et carrefour commercial du sud-ouest du pays.

"Les bilans nous disent qu’il y a 116 morts et près de 80 blessés. Tous sont des détenus", a déclaré le président équatorien lors d’une conférence de presse à Guayaquil. Un précédent bilan émanant des services pénitentiaires (SNAI) faisait état de plus de 100 morts et 52 blessés.

Selon le général Buenano, les victimes portaient des "impacts de projectiles d’armes à feu et d’éclats de grenades".

La police a annoncé être prête à intervenir de nouveau dans la prison "en raison d’une alerte sur de possibles nouveaux affrontements entre bandes criminelles". Mercredi, policiers à cheval et militaires surveillaient l’extérieur du complexe.

Une crise carcérale depuis 2010

Les prisons équatoriennes sont depuis des mois le théâtre de violences récurrentes entre gangs de narcotrafiquants liés aux redoutables cartels mexicains de Sinaloa et Jalisco Nueva Generacion, expliquent les experts.

"Il y a une crise carcérale depuis 2010, avec une moyenne de 25 homicides par an, mais elle s’est considérablement accélérée depuis 2017 jusqu’au pic de cette année", rappelle à l’AFP Fernando Carrion, expert en sécurité. Un tiers des détenus "proviennent d’organisations criminelles liées au trafic international de drogue", précise cet expert.

La violence est devenue quasi-permanente dans les prisons du pays de 17,7 millions d’habitants, les principaux producteurs mondiaux de cocaïne, et utilisé comme zone de transit pour l’expédition vers les États-Unis et l’Europe. Près de 116 tonnes de drogues, principalement de la cocaïne, ont été saisies entre janvier et août 2021.

Avant les violences de mardi, le nombre de détenus qui se sont entretués derrière les barreaux en Équateur depuis début 2021 s’élevait à 123, selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) s’appuyant sur les chiffres officiels équatoriens.

Avec AFP

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