Équateur: au moins 79 morts dans des mutineries simultanées dans trois prisons

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Au moins 79 détenus sont morts et une vingtaine blessés dans plusieurs mutineries simultanées dans les prisons surpeuplées de Guayaquil, Cuenca et Latacunga en Équateur. Les affrontements entre prisonniers appartenant à des gangs différents ont été extrêmement violents.

Avec notre correspondant à Quito, Éric Samson

Tournées par des mutins, les images qui ont filtré sur les réseaux sociaux sont insoutenables. À coup de barres de fer, de couteaux, de machettes ou de simples bâtons, des prisonniers s’acharnent sur la tête d’un homme dont on ne sait plus s’il est encore vivant. À côté, d’autres cadavres sont entassés, beaucoup décapités ou amputés, pendant que des prisonniers jouent avec des têtes.

Cette violence, selon le ministre de l’Intérieur Patricio Pazmiño, est le résultat « d’une action concertée d’organisations criminelles » se disputant le contrôle des prisons de Guayaquil, de Turi, près de Cuenca et de celle de Latacunga, au sud de Quito. Dans la prison numéro 4 de Guayaquil, par exemple, ce serait une lutte interne entre des membres du gang des « Choneros » qui aurait provoqué la mort de plus de 30 détenus.

La police reprend le contrôle

Au moins huit personnes ont été tuées dans la prison de Latacunga, au sud de Quito, où sont détenus plusieurs personnes liées à de graves scandales de corruption dans des hôpitaux du pays au début de la pandémie de Covid-19.

Des groupes tactiques de la police ont été déployés à l’intérieur des prisons pour essayer d’en reprendre le contrôle alors que l’armée se maintient à l’extérieur pour éviter les évasions. À la tombée de la nuit, la police et les gardiens avaient réussi à rétablir l'ordre, a précisé à l'AFP une source du service pénitentiaire (SNAI).

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