"Épuration ethnique dans certains quartiers": le vice-président de LR tente de s'expliquer

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Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône.  - Philippe Desmazes
Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône. - Philippe Desmazes

"Les mots ont un sens", n'a pas hésité à ajouter Gilles Platret, vice-président des Républicains mardi sur CNews, après une diatribe lors de laquelle il a notamment affirmé:

"Je sens, dans certains quartiers, une espèce d’épuration ethnique. Et ce n’est pas qu’un sentiment, c’est aussi une réalité."

"Vous avez des personnes d’origine étrangère qui chassent, petit à petit, ce qu’on appelle en démographie des ‘natifs’, c’est-à-dire des gens qui sont originaires du pays, pour faire la place", avait-il enchaîné, précisant ensuite sa cible:

"Ça veut dire qu’on pousse dehors par la violence, la menace, l’insulte, des populations qui n’appartiennent pas à un bloc musulman au sens large, qui sont éjectées des quartiers".

Ce mercredi, celui qui est aussi maire de Chalon-sur-Saône et coprésident du pôle laïcité de l'Association des maires de France, était notre invité. Il a demandé à "contextualiser son propos".

"Je ne suis pas le premier"

"Il s’agit d’un processus à l’œuvre dans certains quartiers, je n’ai pas dit que c’était le processus de tous les quartiers ni de tous les musulmans bien évidemment", a-t-il introduit. Pas question de concéder quoi que ce soit sur le fond, en revanche. "Néanmoins, nous voyons que les pressions sont fortes pour que les populations ‘natives’, comme on le dit en démographie, quittent le quartier et qu’on intimide par les violences, les menaces et ça, c’est un processus dont nous pouvons voir la réalité dans certains quartiers, c’est certain", a-t-il réaffirmé.

Gilles Platret l'assure, "personne ne (lui) à rien reproché" encore au sein de son parti. Il a d'ailleurs fait valoir qu'il n'était pas le "premier à utiliser l'expression" d'épuration éthnique.

"Je vous renvoie à une tribune d’avril 2018 après le meurtre de Mireille Knoll où 300 personnalités, de droite mais pas seulement, avaient demandé qu’on mette fin à une 'épuration ethnique à bas bruit'", a-t-il lancé.

Selon lui, il ne faut pas voir dans l'emploi de ces mots l'influence, grandissante à en juger par les derniers sondages, d'Eric Zemmour:

"Zemmour ou pas Zemmour, nous avons l’obligation de dire les choses comme elles sont. Je suis maire, je suis sur le terrain."

Tandis que l'expression d'"épuration ethnique" désigne en principe le massacre systématique d'une population donnée par une autre ethnie, un État ou une milice - comme au Rwanda ou durant les guerres de l'ex-Yougoslavie - l'élu LR a persisté à y voir une tournure plus modérée que celle de "grand remplacement", dont il a livré une définition personnelle: "Le ‘grand remplacement’ est une théorie d’un grand complot mondial qui consiste à considérer que les États dans un plan concerté ont choisi de changer eux-mêmes leur population. Les choses se passent tout à fait différemment."

Article original publié sur BFMTV.com

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