“Épidémie de flemme” : les Français n’ont plus envie de rien faire

PHOTO PHILIPPE LABROSSE/Hans Lucas via AFP

Il était peu probable que l’information ne fasse pas réagir outre-Manche. La publication, vendredi 11 novembre par la Fondation Jean-Jaurès et l’Ifop, d’une étude intitulée “L’épidémie de flemme” n’a pas manqué d’attirer l’attention du Daily Telegraph.

Cette enquête d’opinion montrait que l’épidémie de Covid-19 avait durablement modifié le mode de vie des Français, leur façon de consommer, et qu’elle les avait incités à valoriser davantage les loisirs. Elle a également laissé une grande fatigue : 45 % des personnes interrogées ont moins envie de sortir de chez eux qu’auparavant. Près d’un Français sur trois connaît une perte de motivation.

L’information qui a particulièrement retenu l’attention est pourtant la suivante : la valeur “travail” a dégringolé dans l’Hexagone depuis trente ans. Il y a trente ans, 60 % des Français disaient que le travail était quelque chose de “très important” dans leur vie. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 24 %. Cette chute de 36 points est bien plus marquée que pour la valeur “religion” ou “politique”. Les loisirs et le temps accordé à la vie privée connaissent l’évolution inverse : deux salariés sur trois sont prêts à travailler moins pour avoir plus de temps libre.

“De nouveaux sommets”

“Célèbres pour leurs sacro-saintes grandes vacances, leurs déjeuners à rallonge, et leur semaine de 35 heures, les Français avaient cette réputation enviable de réussir à jongler entre travail et plaisirs”, commente le Daily Telegraph, poursuivant : “Mais à la suite de la pandémie de Covid-19, la vision des Français de l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle a atteint de nouveaux sommets, avec une nouvelle étude selon laquelle de plus en plus de Français ont ‘la flemme’ de travailler, de sortir et même de voir des gens.”

Confinements, chômage partiel et télétravail ont renforcé la tendance, rapporte le quotidien conservateur de Londres, qui établit un lien direct entre cette inertie et les difficultés de recrutement dans certains secteurs : “Cette perte de motivation est flagrante, comme en témoignent les très fortes pénuries de main-d’œuvre dans différents secteurs : de l’hôtellerie et la restauration en passant par les transports, mais aussi l’enseignement et le secteur hospitalier.” Pour le Telegraph, il est éloquent dans ce contexte de constater l’apparition de figures politiques – comme la députée écologiste Sandrine Rousseau – revendiquant le “droit à la paresse”.

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