Épiciers brûlés vifs à Romainville : le plus jeune des accusés nie avoir été l’intermédiaire

Carole Sterlé
Cour d’assises de Bobigny, 7 juin 2019. L’un des épiciers a survécu à l’incendie criminel de son commerce à Romainville, le 21 décembre 2015. Il conserve de lourdes séquelles et une infirmité permanente

Âgé de 17 ans en 2015, il est accusé d’avoir servi d’intermédiaire entre le commanditaire et les deux incendiaires de l’épicerie Carnot exotique.


« Je n’ai rien à voir (avec ça), ni de près, ni de loin », assurait, vendredi dans le box, la voix chevrotante, le plus jeune des accusés au procès de l’incendie criminel de l’épicerie Carnot exotique à Romainville. Le soir du 21 décembre 2015, deux commerçants avaient été brûlés vifs. Un en est mort, un autre est infirme et sa famille traumatisée.

Ouverts depuis le 4 juin à la cour d’assises des mineurs de Seine-Saint-Denis, les débats se poursuivent ce lundi. Parmi les quatre accusés jugés à Bobigny, le plus jeune (17 ans et 11 mois au moment des faits) est accusé d’avoir servi d’intermédiaire entre le commanditaire et les deux incendiaires, ces derniers étant les seuls à reconnaître leur participation aux faits.

Son téléphone localisé

« Je vous affirme que j’étais dans mon épicerie ce soir-là de 20 heures à minuit », jure le benjamin. Car lui aussi a un commerce, à quelques numéros de celui qui a été brûlé. Sa mère est gérante, et en 2015, c’est lui, étudiant, qui prenait le relais le soir lorsqu’elle partait travailler de nuit à Roissy.

Son téléphone portable a pourtant été localisé ailleurs, le soir du 21 décembre, cité Gagarine, téléphone appelé par l’un des incendiaires une heure avant l’incendie. « C’est peut-être que j’ai prêté mon téléphone », justifie l’accusé, en se contorsionnant dans le box, pour mettre l’oreille dans l’interstice des vitres et être sûr de bien entendre les questions.

Il dit ne pas avoir quitté l’épicerie de sa mère, voisine

Le soir du 21 décembre, il dit qu’il a bien vu l’autre commerce brûler, mais n’a pas quitté l’épicerie de sa mère. Et il est formel, les deux épiceries voisines n’étaient pas vraiment en concurrence.

Il savait qu’il y avait eu une bagarre dans l’autre, avec des Capverdiens, quelques mois plus tôt. C’est le mobile avancé par l’accusation. C. est jugé pour avoir commandité (...)

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