Les épicéas décimés par le bostryche dans le Jura suisse

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C'est le cauchemar des gardes forestiers : le scolyte ou bostryche typographe. Cet insecte ne mesure pas plus de quelques millimètres. Et pourtant, depuis plusieurs années, il ravage les forêts d'épicéas partout en Europe, menaçant jusqu'à la survie même de notre arbre de Noël. Parmi les régions les plus touchées, le Jura suisse où les épicéas sains commencent à se compter sur les doigts de la main.

Avec notre envoyé spécial à Rebeveulier, dans le Jura suisse, Jérémie Lanche

« La sécheresse, on l’avait bien vue venir, depuis trois ans... c’est le bostryche qu'on n'a pas venir… » Frédéric Pierrard gère un parc accrobranche dans la commune de Rebeveulier. Ou plutôt gérait puisque le parc a dû subitement fermer en pleine saison d'été. En cause : une centaine d'arbres infestés par le bostryche et qui menaçaient de s'effondrer sur les installations. « J’ai dû démonter les deux tiers du parc, raconte-t-il. En dix-huit ans d’exploitation c’est la première fois qu’on ferme. »

Le bostryche typographe est un petit coléoptère qui se nourrit de la sève des épicéas, les faisant sécher et donc mourir. En trois ans, le bostryche a détruit plus de 175 000 m3 de bois, explique Marcel Mahon, du département de l'Environnement du canton du Jura : « Les grands peuplements d’épicéas sont carrément ravagés, peut-être à 80%. Donc ce qui est arrivé en trois ans c’est vraiment quelque chose d’incroyable ! »

Le changement climatique en cause

Le Jura suisse n'est pas le seul ni même le premier massif touché. Mais avec près de la moitié du canton recouvert par les forêts, les dégâts sont particulièrement visibles. Surtout, ils préfigurent ce qui pourrait se passer dans d'autres forêts, notamment dans les Alpes, si le bostryche montait en altitude avec le réchauffement et ravageait un peu plus les épicéas très prisés par l'industrie du bois. « Par quoi ils vont remplacer l’épicéa ? Ils parlent déjà de trouver d’autres d’essences, poursuit Marcel Mahon. On a peur aussi que ça fasse la même chose dans cinquante, cent ans… »

La sécheresse, avec ou sans bostryche, est dans tous les cas l'ennemie numéro un des forêts. Si l'épicéa semble condamné à basse altitude, à terme la Suisse pourrait également perdre 90% de ses frênes.

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