Les députés reviennent finalement sur la hausse des retraites

Énième revers pour l'exécutif, l'Assemblée vote une enveloppe pour augmenter les retraites
Énième revers pour l'exécutif, l'Assemblée vote une enveloppe pour augmenter les retraites

Énième revers pour l'exécutif, l'Assemblée vote une enveloppe pour augmenter les retraites

POLITIQUE - L’Assemblée nationale fait marche arrière. Les députés sont revenus dans la nuit de mardi 26 à mercredi 27 juillet sur la revalorisation supplémentaire de 500 millions d’euros pour les pensions de retraite approuvée quelques heures plus tôt, lors d’une seconde délibération houleuse demandée par le gouvernement.

Privé de majorité absolue depuis les législatives, le gouvernement avait essuyé un revers mardi dans la journée, les députés ayant voté, contre l’avis de l’exécutif, la revalorisation supplémentaire de 500 millions d’euros pour les pensions de retraite, dans le cadre de l’examen du projet de budget rectifié pour 2022.

Bruno Le Maire a ensuite demandé de seconde délibération, car la revalorisation était “financée en prélevant les sommes sur les pensions de retraites civiles et militaires de l’État”. “Cela ne me paraît pas juste dans son financement et inutile étant donné la revalorisation de 2023″, a-t-il assuré. Il a même obtenu le soutien de celui qui avait déposé le premier amendement, Charles de Courson.

L’amendement, voté par 224 voix contre 121 en fin d’examen du projet de budget rectifié pour 2022, a donc annulé le précédent adopté contre la volonté du gouvernement, donnant lieu à de virulents échanges entre le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et les députés de la Nupes et du RN, les élus LR l’ayant soutenu.

La gauche vent-debout

La gauche qui avait a célébré une “belle victoire” quelques heures plus tôt a fustigé les méthodes du gouvernement. “En pleine nuit, le gouvernement, qui a visiblement dealé (mais quoi?) avec LR, impose un nouveau vote sur la victoire arrachée aujourd’hui pour la hausse des pensions des retraités #DirectAN Une folie démocratique!”, s’est insurgée la députée LFI Clémentine Autain.

Antoine Léaument, également député LFI, a dénoncé un “scandale démocratique”. “C’est le match retour du mauvais perdant”, a regretté le socialiste Jérôme Guedj. Le président du groupe Écologiste Julien Bayou, a qualifié la manœuvre de “lamentable”.

À droite, le député RN Sébastien Chenu a aussi fait part de son mécontentement: “Cette nuit 3 perdants: les retraités pour lesquels nous avions obtenu 500 millions d’aides; les électeurs des Républicains trahis par leurs élus (en pleine nuit c’est moins voyant!) et la démocratie piétinée par la brutalité de la Macronie-la fameuse nouvelle méthode sans doute!”

L’amendement prévoyait une revalorisation des pensions prenant en compte le niveau réel de l’inflation, soit pour 2022 à 5,5%, alors que le gouvernement a proposé une revalorisation cumulée à 5,1% (1,1% en janvier puis 4% en juillet).

Un examen de projet de loi semé d’embûches

Étaient notamment concernées, en plus des retraites, les allocations familiales et minima sociaux, comme le RSA, l’Allocation adulte handicapé (AAH) et les bourses étudiantes sur critères sociaux. Cette revalorisation aurait pris effet dès le 1er juillet 2022, de façon rétroactive, sans attendre la date de revalorisation automatique annuelle.

L’examen depuis vendredi par l’Assemblée du projet de budget rectifié est semé d’embûches pour la majorité. Lundi soir par exemple, 230 millions d’euros pour les foyers se chauffant au fioul ont été approuvés contre l’avis du gouvernement, qui privilégiait lui une aide de 50 millions d’euros.

Samedi, l’Assemblée a décidé d’allouer 120 millions aux départements qui versent le RSA en 2022, pour compenser intégralement la hausse de 4% de cette prestation programmée par l’État. La mesure a été obtenue par la conjonction des votes favorables de la gauche, du RN, des LR mais aussi des députés du groupe Horizons. C’est la première fois que ces alliés de la majorité marquaient leur différence.

Les députés votent les crédits pour la renationalisation d’EDF

Par ailleurs, les député ont voté ce mardi le financement par l’État de la renationalisation à 100% d’EDF, une opération à 9,7 milliards d’euros destinée à sortir le groupe de production et de fourniture d’électricité de son ornière financière et industrielle.

Les députés ont voté ces crédits par 209 voix contre 156. Les écologistes ont dénoncé le “cap sur le tout nucléaire” pendant que LR déplorait à l’inverse la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Au total, l’Assemblée a voté une enveloppe de 12,7 milliards d’euros pour d’éventuelles opérations de soutien à des entreprises stratégiques françaises au cours du second semestre.

Le gouvernement détient déjà 84% d’EDF et a l’intention de lancer une offre publique d’achat (OPA) devant se terminer fin octobre. Ce retour de l’État à 100% dans EDF avait été annoncé le 6 juillet par la Première ministre Élisabeth Borne.

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