Sur les énergies renouvelables, ce vote des socialistes donne de l’air au gouvernement

Les socialistes assurent la majorité au gouvernement sur les énergies renouvelables (Photo d’illustration : Élisabeth Borne et Agnès Pannier-Runacher en octobre 2022).
LUDOVIC MARIN / AFP Les socialistes assurent la majorité au gouvernement sur les énergies renouvelables (Photo d’illustration : Élisabeth Borne et Agnès Pannier-Runacher en octobre 2022).

POLITIQUE - Une bouffée d’air pour les éoliennes. Et pour le gouvernement. Les députés PS ont annoncé ce mardi 10 janvier au matin qu’ils voteraient pour le projet de loi dédié aux énergies renouvelables en fin d’après-midi, contrairement aux autres forces de gauche.

Les écologistes ont effectivement choisi « une abstention d’attente », pour mettre « la pression », tandis que les Insoumis et les communistes s’opposeront au texte pour dénoncer la « privatisation » de l’énergie. Dans ces conditions, l’annonce du groupe socialiste donne une — petite — marge au gouvernement qui redoutait un vote très serré, après la séance de questions au gouvernement. Sans leur apport, ni celui des députés du groupe LIOT - qui annoncent également leur soutien - la loi portée par Agnès Pannier-Runacher aurait pu être retoquée pour une poignée de votes.

Avec les roses, les voyants virent donc au vert. « Il y a des temps pour coopérer au nom de l’intérêt général et de l’urgence écologique », a estimé le socialiste Dominique Potier en conférence de presse, ce mardi, en saluant, pour le coup, « un vrai travail de dialogue entre les différents camps politiques et avec le gouvernement.

« Une loi inachevée, mais… »

Selon lui, « la loi est largement inachevée mais améliorée et profondément remaniée avec 70 amendements du groupe socialiste. » Les députés du parti emmené par Olivier Faure se réjouissent par exemple d’« avancées essentielles » sur la définition et la régulation de l’agrivoltaïsme, combinant agriculture et production d’énergie, comme vous pouvez le voir ci-dessous, ou sur le « partage de la valeur ».

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

« Nous avons évacué cette mauvaise idée de saupoudrer des aides aux particuliers », par une ristourne sur la facture des riverains d’éoliennes ou de projets photovoltaïques, s’est encore réjoui le député socialiste de Meurthe-et-Moselle. L’Assemblée nationale a en effet privilégié une proposition socialiste de mesures territoriales plus larges avec des fonds pour aider les ménages en situation de précarité énergétique ou pour financer des projets en faveur de la biodiversité.

De quoi satisfaire les élus du parti à la rose et au poing ? Le groupe à l’Assemblée souligne malgré tout que ce vote favorable n’est pas un « quitus ». « Nous serons extrêmement vigilants sur les discussions en commission mixte paritaire », entre députés et sénateurs, a prévenu Marie-Noëlle Battistel quand son collègue Arthur Delaporte insistait : « Ce n’est pas pour autant le signe que nous serons moins déterminés. »

La Première ministre, Élisabeth Borne, doit présenter le projet de réforme des retraites en fin de journée, au même moment que le vote de l’Assemblée nationale sur les énergies renouvelables. Chez les communistes, Sébastien Jumel a d’ailleurs appelé la gauche à ne « pas faire le cadeau au gouvernement » d’un soutien à un quelconque texte « dans cette mauvaise journée pour l’avenir de la protection sociale à la française ». Les insoumis estiment quant à eux que le projet d’Agnès Pannier-Runacher « fait la part belle à la marchandisation des énergies renouvelables ».

Dans le détail, ce projet vise à réduire les délais d’installation et rattraper le net retard de la France en matière d’énergies renouvelables : 19,3 % de la consommation finale brute d’énergie, bien en deçà de voisins européens. Le texte insiste notamment sur le photovoltaïque et l’éolien en mer, dans la lignée de l’ambition affichée par Emmanuel Macron de multiplier par dix d’ici à 2050 la capacité de production d’énergie solaire pour dépasser les 100 GW et de déployer 50 parcs éoliens en mer pour atteindre 40 GW. Sauf immense surprise, la droite et l’extrême droite s’opposeront au texte à l’Assemblée.

À voir également sur Le HuffPost :

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Lire aussi