Les Émirats arabes unis instaurent une assurance chômage pour les locaux et les expatriés

Sécuriser l'emploi est devenu un objectif encore plus crucial ces dernières années dans le monde, sous l'effet de la pandémie de Covid-19.

En mai, les Émirats arabes unis ont annoncé l'instauration d'un régime d'assurance chômage obligatoire qui délivrera un soutien financier aux travailleurs des secteurs public et privé. Il entrera en vigueur début 2023.

"Filets de sécurité"

"Les avantages seront ouverts à l'ensemble de la main-d'œuvre des Émirats - qu'il s'agisse de citoyens émiratis ou de résidents étrangers - et de différents niveaux de qualification," explique Abdulrahman Al Awar, ministre des Émirats en charge des ressources humaines et de l'émiratisation.

"Cela correspond à la nature du marché du travail des Émirats dans le sens où il est très ouvert, très dynamique et très attractif," estime-t-il avant d'ajouter : "Nous mettons en œuvre des réformes et politiques qui permettront aux personnes qui participent à ce marché du travail, de bénéficier de politiques de sécurité sociale qui leur fournissent des filets de sécurité face aux difficultés qu'ils pourraient rencontrer dans leur emploi ici."

Cette législation vise à apporter une plus grande stabilité financière aux travailleurs et à leurs familles. "Cette nouvelle législation sur le travail est un changement positif," juge Aaron Portero, directeur général de Connect Resources. "Ce changement nous donnera plus de travail car nous devrons nous adapter pour gérer également le régime de pension et nous conformer à la législation," dit-il. "Mais notre plus grande priorité," poursuit-il, "c'est, comme toujours, de gérer plusieurs milliers d'employés et nous essayons de prendre soin de tous. Ces changements seront positifs pour nous, les clients et les employés," assure-t-il.

"Cela tranquillise"

Pour les travailleurs, les cotisations d'assurance chômage devraient être comprises entre 10 et 25 euros par an pour une couverture de base. Le dispositif prévoit le versement de 60 % du salaire de base - avec un maximum de 5 000 euros par mois - en cas de perte d'emploi pour une période déterminée. Les investisseurs, les travailleurs domestiques, les personnes sous contrat temporaire, les employés de moins de 18 ans et les retraités sont exemptés de ce régime.

"Nous disposerons d'un système qui ne sera pas un fardeau pour les participants," affirme le ministre Abdulrahman Al Awar. "Il sera accessible de manière numérique et ce sera très simple : la participation se fera par le biais d'un processus numérique qui ne nécessite aucune démarche," précise-t-il.

Pour séjourner et vivre à Dubaï, il faut être muni d'un visa de résidence en cours de validité lié à son statut professionnel. Selon les règles actuelles, les expatriés qui perdent leur emploi ont quelques mois pour trouver un nouveau poste. Sinon, ils risquent de devoir retourner dans leur pays.

Andrew Wingrove vit à Dubaï depuis 18 ans. Ce Group Director chez Motivate Media Group explique avoir généralement eu de la chance dans sa carrière sur place, même si son licenciement il y a quelques années a été une période stressante pour lui.

"Ici, le coût de la vie est plus élevé qu'au Royaume-Uni : l'enseignement est entièrement privé et si vous n'avez pas de salaire, vous ne pouvez pas maintenir cela, vous ne pouvez pas payer votre loyer, votre villa, les dépenses familiales," fait-il remarquer.

"Donc toute chose qui peut combler le fossé entre un emploi et le suivant, c'est idéal, cela tranquillise ; quand on sait qu'on a cette sécurité au cas où les choses tourneraient mal, cela nous évite de paniquer en nous demandant si l'on doit quitter le pays," renchérit-il.

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Andrew Wingrove qui vit à Dubaï depuis 18 ans : "Une nouvelle assurance chômage, ça tranquillise" - euronews

"Attirer et retenir les meilleurs talents"

Cette nouvelle législation, ainsi que les récentes réformes apportées aux lois sur l'immigration et le travail introduiront des changements fondamentaux sur le marché du travail.

"Les Émirats arabes unis voient manifestement l'intérêt de faire venir des talents étrangers qui continuent à contribuer au développement du pays," rappelle Ludmila Yamalova, Managing Partner chez HPL Yamalova & Plewka. "Donc, même en dehors de la pandémie, je pense que chaque pays veut s'assurer qu'il peut attirer les meilleurs talents - et d'ailleurs, pas seulement les attirer, mais les retenir - : pour cela, il est évident qu'il faut mettre en place des protections et des avantages pour ceux qui travaillent, pour qu'ils aient envie de rester," souligne-t-elle.

Le régime d'assurance chômage vise à offrir une plus grande sécurité à long terme pour travailleurs et employeurs, mais aussi à renforcer la compétitivité du marché local du travail.

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