Ces élus républicains qui appellent au départ de Donald Trump

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Alors que Nancy Pelosi a laissé 24 heures au vice-président, Mike Pence, pour se décider à utiliser le 25e amendement de la Constitution et déclarer Donald Trump "inapte", une poignée de républicains ont d’ores et déjà appelé au départ du président américain. Ceux-ci restent toutefois minoritaires.

Mike Pence à l'heure du choix. La patronne des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a annoncé dimanche qu'elle laissait 24 heures au vice-président pour avoir recours au 25e amendement de la Constitution — qui autorise le vice-président et une majorité de membres du cabinet à déclarer le président "inapte" à exercer son rôle — auquel cas elle lancerait elle-même une procédure de destitution. S'il est peu probable que ce fidèle fasse le choix d'écarter Donald Trump, l'ultimatum auquel il est confronté illustre une question que se posent de nombreux républicains : faut-il appeler publiquement au départ du président ?

Le dilemme est grand pour les élus républicains, tant Donald Trump reste apprécié de la base du parti. Un récent sondage mené par YouGov montre même que 45 % des sympathisants du parti républicain soutiennent les événements du 6 janvier. Appeler publiquement à son départ de la Maison Blanche, ou même le blâmer pour l'attaque du Congrès, représente donc un risque électoral.

Certaines figures du parti en retrait de la vie politique ont toutefois publiquement désavoué le président sortant et la dérive des républicains. L'acteur et ancien gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, sur Twitter, est allé jusqu'à comparer, dimanche, les violences du Capitole du 6 janvier à la Nuit de Cristal [pogrom contre les Juifs du Troisième Reich allemand en novembre 1938], et les soutiens les plus radicaux aux nazis, déplorant les mensonges répétés de Donald Trump au sujet d'une fraude supposée, lors de l'élection du 3 novembre.

Autre figure emblématique, Colin Powell, ancien chef d'état-major des armées et secrétaire d'État de George W. Bush, a annoncé dimanche ne plus se considérer comme républicain, déplorant l'influence de Donald Trump sur le parti dont les membres ne se sont jamais "dressés pour lui dire la vérité, ni le critiquer ou critiquer les autres".

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Il est plus délicat pour les élus actuels, en revanche, de s'en prendre au parti ou au président. Mais certains, du gouverneur Phil Scott à la sénatrice Lisa Murkowski, ont pourtant osé appeler au départ de ce dernier. France 24 dresse la liste de ces républicains qui ont définitivement pris leurs distances avec Donald Trump.

  • Phil Scott

Le gouverneur républicain du Vermont a été l'une des premières figures du parti à se prononcer pour le départ de Donald Trump, quelques heures seulement après l'attaque du Congrès, mercredi 6 janvier, par des soutiens du président.

"Ne vous trompez pas, le président des États-Unis est responsable de cet événement, a-t-il écrit sur Twitter. Le président Trump a orchestré une campagne pour provoquer une insurrection visant à renverser les résultats d'une élection ouverte à tous, juste et légale. […] Le président Trump doit démissionner ou être destitué par son cabinet ou par le Congrès."

  • Adam Kinzinger

Le représentant républicain de l'Illinois a emboîté le pas du gouverneur Phil Scott le lendemain, jeudi 7 janvier, en devenant le premier élu républicain du Congrès à appeler au départ de Donald Trump. "C'est avec un cœur lourd que je réclame, pour le bien de notre démocratie, que le 25e amendement soit mis en œuvre", a-t-il tweeté, accompagnant son message d'une déclaration vidéo.

Adam Kinzinger avait été l'un des premiers républicains à reconnaître la victoire de Joe Biden, le félicitant sur Twitter dès le 7 novembre.

  • Larry Hogan

Le même jour, le gouverneur du Maryland, Larry Hogan, appelle lui aussi Donald Trump à démissionner lors d'une conférence de presse. Déjà très critique de Donald Trump sur l'immigration et la gestion du Covid-19, le gouverneur républicain affirme que "cela ne fait aucun doute que l'Amérique se porterait mieux si le président démissionnait ou s'il était destitué".

  • Lisa Murkowski

Enfin, la sénatrice de l'Alaska est devenue, vendredi 8 janvier, la première sénatrice républicaine à demander le départ de Donald Trump de la Maison Blanche. "Je veux qu'il démissionne. Je veux qu'il parte. Il a fait assez de dégâts", a-t-elle déclaré au Anchorage Daily News vendredi dernier. Lisa Murkowski a ajouté que Donald Trump devrait "faire ce qui est bien", mais qu'il était selon elle "incapable de faire quelque chose de bien".

Considérée comme une républicaine modérée, la sénatrice est même allée jusqu'à douter de son avenir au sein du parti conservateur, qu'elle juge trop favorable à Donald Trump.

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  • Pat Toomey

Le sénateur de la Pennsylvanie a jugé dimanche sur CNN qu'une démission du président "serait la meilleure option". Depuis le scrutin présidentiel du 3 novembre qu'il a perdu, Donald Trump "a sombré dans un niveau de folie et a commis des actes absolument impensables et impardonnables", a-t-il ajouté.

  • Ben Sasse

Le sénateur du Nebraska n'a pas clairement appelé au départ de Donald Trump, mais s'est dit prêt à "considérer" une procédure de destitution car, selon lui, "le président n'a pas respecté son serment d'investiture". "Il a juré de préserver, protéger et défendre la Constitution. Il a fait l'inverse de cela. Ce qu'il a fait était une folie", a-t-il affirmé le 8 janvier sur CBS.