Des élus Nupes demandent la démission d'un député RN de la vice-présidence du groupe France-Algérie

Des élus Nupes demandent la démission d'un député RN de la vice-présidence du groupe France-Algérie
Le doyen des députés, José Gonzalez (RN), donne le coup d'envoi des travaux de la nouvelle Assemblée nationale, le 28 juin 2022 à Paris - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP
Le doyen des députés, José Gonzalez (RN), donne le coup d'envoi des travaux de la nouvelle Assemblée nationale, le 28 juin 2022 à Paris - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

Une tribune pour exiger le départ de José Gonzales. Une vingtaine d'élus de la Nupes demandent la démission de ce député RN du poste de vice-président du groupe d'amitié France-Algérie qu'il occupe depuis quelques semaines.

Sa nomination est "une insulte aux victimes de l’Organisation armée secrète (OAS), de la guerre d’Algérie et, plus largement, du colonialisme français", peut-on lire dans les colonnes du Monde.

Un discours qui avait choqué la Nupes

Fin juin, pour la toute première séance de l'Assemblée nationale, José Gonzales qui est le doyen de l'Assemblée nationale, avait exprimé à la tribune son émotion en pensant à "ses amis morts" en Algérie. Ce pied-noir, né à Oran en 1942, avait également expliqué, la voix nouée, être ému de "voir côte à côte réunis" tous les députés, comme "un symbole d’unité française".

"J'ai laissé là-bas une partie de ma France", avait également jugé le nonagénaire à la tribune, en évoquant son enfance, avant d'assurer au micro de BFMTV "ne pas savoir" si l'OAS avait commis des crimes durant la guerre d'Algérie. Son discours avait suscité un tollé sur les bancs de la gauche.

"Lorsque José Gonzalez prend la parole sur ce sujet à titre de parlementaire, pour nier les atrocités commises par l’OAS, ce n’est pas de l’inculture. Il s’agit ici d’une faute politique extrêmement grave", assurent encore les élus de la Nupes.

L'histoire tortueuse du RN avec l'Algérie française

Et de pointer les "fondements profonds du Rassemblement national: un parti identitaire, nationaliste, qui compte dans ses rangs des fascistes et des négationnistes".

L'OAS est désormais considéré par les historiens spécialistes de la guerre d'Algérie comme une organisation terroriste, autrice d'attentats qui ont fait des centaines de morts en Algérie et plusieurs dizaines en métropole. Parmi les cibles: le bureau du vice-président du Sénat ou encore le domicile d'André Malraux, alors ministre de la Culture. matricé par ce conflit.

L'OAS est désormais considéré par les historiens spécialistes de la guerre d'Algérie comme une organisation terroriste, autrice d'attentats qui ont fait des centaines de mort en Algérie et plusieurs dizaines en métropole. Parmi les cibles: le bureau du vice-président du Sénat ou encore le domicile d'André Malraux, alors ministre de la Culture.

"Est-ce donc ce passé colonial que José Gonzales et le RN comptent défendre avec des larmes de nostalgie dans les yeux, lorsque la délégation du groupe d’amitié France-Algérie sera invitée, comme il en est coutume, à Alger?", s'interrogent encore les signataires de la tribune.

Une nomination vue comme un frein "aux relations franco-algériennes"

Avant d'"exiger sa démission" à ce poste qui "représenterait un frein au développement de relations franco-algériennes libérées du poids des exactions historiques françaises.

Les groupes d’amitié ont pour but de "tisser des liens entre parlementaires français et étrangers" et "sont également des acteurs de la politique étrangère de la France et des instruments du rayonnement international de l’Assemblée nationale", rappelle l’administration du Palais-Bourbon. Sans grand pouvoir, ils ont cependant une valeur symbolique.

Parmi les signataires, on compte l'ancien macroniste Aurélien Taché, désormais député écologiste, la présidence du groupe EELV à l'Assemblée nationale Cyrielle Chatelain, la communiste Elsa Faucillon ou encore Paul Vannier, une figure montante de La France insoumise.

Article original publié sur BFMTV.com