Élus, médecins, restaurateurs... Ils reçoivent des menaces à cause du pass sanitaire

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Depuis la mise en place de cet outil sanitaire en France, plusieurs professionnels reçoivent des messages, parfois anonymes, qui vont jusqu'aux menaces de mort.

La tension monte d'un cran au sein de la société française. Alors que ce samedi sera une nouvelle fois le théâtre de nombreuses manifestations à travers le pays, le fossé semble de plus en plus se creuser en France entre les pro et anti pass sanitaire, outil désormais nécessaire pour accéder aux lieux culturels et bientôt aux restaurants, bars et à certains moyens de transport.

"Je ne sais pas qui me menace" 

En témoigne le violent mail récemment reçu par Patricia Mirallès, députée LaREM de l'Hérault, pour lequel elle a déposé une plainte. "Nous importons et fabriquons nos armes. D’abord, nous exécuterons les députés qui ont collaboré, car ce sont les cibles les plus faciles à atteindre. Ensuite, Macron et les membres du gouvernement le seront aussi, nous allons les tuer en toute occasion", peut-on lire dans le courrier électronique.

Auprès de BFMTV, l'élue, qui a déposé plainte, souligne la violence de tels propos et assure qu'il s'agit de la première fois qu'elle reçoit des menaces d'une telle ampleur.  

"Moi qui suis vice-présidente de la commission de la défense et des forces armées, une arme, des balles, je sais ce que ça veut dire. Pourquoi avoir des menaces aussi dures quand vous ne connaissez pas les personnes à qui vous envoyez ces menaces? Moi je ne sais pas qui me menace, j’aimerais bien savoir qui sont ces personnes-là, C’est dur, c’est très dur", assure-t-elle.

"Connard de collabo" 

Ces dernières semaines, plusieurs permanences d'élus favorables au pass sanitaire, dont celle de Richard Ferrand dans le Finistère, avaient été dégradées par des manifestants

Cette violence, les professionnels de la santé y sont également confrontés. Médecin et président de la Confédération des syndicats médicaux français, le docteur Jean-Paul Ortiz souligne à notre antenne avoir reçu plusieurs messages d'insultes au cours des derniers jours, lui qui pousse en faveur du pass sanitaire sur différents plateaux de télévision. "Connard de collabo", "pire que sous le régime vichiste", peut-on lire entre autres messages fleuris. 

"C’est une assimilation qui est insupportable. Je suis médecin, je suis là pour soigner des individus, je suis là pour tout faire pour qu’ils se vaccinent. On ne peut pas laisser dire qu’on est des criminels collabos, c’est pas possible", martèle-t-il à notre antenne. Lui aussi assure avoir déposé plainte.

"Je ne vois pas l'intérêt" 

Toutefois, c'est bel et bien auprès des gérants de bars, restaurants et lieux culturels que les agressions se multiplient. Dans un article du Parisien dédié à ce sujet, plusieurs d'entre eux font état des menaces et altercations qui rythment leur quotidien depuis la mise en place de cette mesure censée circonscrire la circulation du variant Delta du Covid-19 sur le territoire français. 

"Qu’ils ne viennent pas chez nous, on peut le concevoir. Mais de là à nous dénigrer, nous insulter, nous mettre plus bas que terre… Je ne vois pas l’intérêt", explique un restaurateur de Chambéry auprès du quotidien francilien.

Et les agressions verbales se sont parfois transformées en agressions physiques. A Maizières-les-Mets (Moselle), c'est le gérant du parc d'attractions Walygator qui a été violemment pris à partie par un visiteur mécontent. La victime avait été transportée aux urgences où sept jours d'ITT lui avaient été prescrits. 

Face à cette montée en tension, l'UMIH, Union des métiers et des industries de l'hôtellerie a écrit une lettre au gouvernement afin que celui-ci accélère la création d'une infraction propre au pass sanitaire.

Article original publié sur BFMTV.com

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