Ces élus LR dans les startings blocks pour rejoindre Macron après le second tour

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Le maire du Touquet dans le Pas-de-Calais Daniel Fasquelle autour de Brigitte et Emmanuel Macron le 10 avril 2022 (Photo: LUDOVIC MARIN via AFP)
Le maire du Touquet dans le Pas-de-Calais Daniel Fasquelle autour de Brigitte et Emmanuel Macron le 10 avril 2022 (Photo: LUDOVIC MARIN via AFP)

Le maire du Touquet dans le Pas-de-Calais Daniel Fasquelle autour de Brigitte et Emmanuel Macron le 10 avril 2022 (Photo: LUDOVIC MARIN via AFP)

POLITIQUE - Le groupe vit mal. À droite, le séisme provoqué par la défaite cuisante de Valérie Pécresse au premier tour de l’élection présidentielle 2022 connaît déjà des répliques. Et le risque d’une (nouvelle) implosion des Républicains semble bien réel. En cause, les désaccords en interne sur la stratégie à adopter vis-à-vis d’Emmanuel Macron, qui tend la main aux parlementaires LR qui souhaiteraient venir renforcer sa majorité en cas de réélection ce 24 avril.

Des divisions dont le communiqué portant sur la position à tenir au deuxième tour portait les germes, puisqu’il visait davantage à masquer les désaccords qu’à se positionner clairement sur le duel opposant Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Le tout, dans un contexte où à la déroute électorale pourrait s’ajouter la banqueroute financière. Une période délicate que la Macronie compte bien exploiter pour finir d’assécher le parti de Christian Jacob. Ce qui commence sérieusement à agacer les partisans d’un cordon sanitaire entre la droite et la majorité.

“Ambivalence hypocrite”

“Les candidats Les Républicains aux législatives qui s’engagent dans une coalition de soutien à Emmanuel Macron doivent être débarqués immédiatement et des candidats LR investis contre eux”, s’emporte sur Twitter le député LR Julien Aubert, militant du “ni-ni” pour le second tour. “Halte à cette ambivalence hypocrite, qui prend nos électeurs pour des imbéciles”, poursuit-il.

Dans son viseur, ceux qui apportent un peu trop bruyamment leur soutien au chef de l’État dans son duel face à l’extrême droite. À l’image du trésorier du parti Daniel Fasquelle qui, après avoir dédouané Emmanuel Macron dans l’annulation d’implantation d’éoliennes au Touquet, a publié un communiqué pour appeler à voter en faveur du président sortant. Un document qui a le bon goût d’imiter la charte graphique de LREM et sur lequel le maire du Touquet apparaît tout sourire aux côtés du chef de l’État.

Dans un deuxième tweet, Daniel Fasquelle (identifié par la majorité comme comptant parmi les élus “Macron-compatibles”) a fait une mise au point, qui ne devrait pas forcément rassurer les partisans d’une ligne hostile au chef de l’État. “Que les choses soient claires: ce soutien exigeant et attentif n’est pas un ralliement mais marque une volonté d’agir dans le dialogue avec le Président de la République pour, demain, redresser le pays”, a précisé.

Une situation qui fait sourire le président de la Région Sud, Renaud Muselier. Sur le même réseau social, cet ancien membre fondateur de l’UMP et de LR ironise sur les “inquisiteurs de carnaval” qui “ressortent leur réflexe du bunker, en interdisant de rassembler, d’additionner”.

Au HuffPost, celui qui a rejoint Emmanuel Macron explique être consulté par ses “amis LR” qui pensent à franchir le pas. L’occasion pour ce baron local de leur exposer l’équation telle qu’il la voit. “Au premier tour, les Français ont dégagé les partis historiques, et ont consacré trois courants de pensées: gauche radicale, extrême droite et centre droit-gauche. Aux législatives, il faut faire entre 18 et 20% des voix pour être au second tour, donc ça va être très compliqué pour LR de survivre. Aux députés sortants qui m’appellent, je leur dis que soit ils comprennent ce qu’il s’est passé et dans ce cas ils en tirent les conséquences en s’additionnant, soit ils s’entêtent dans leur isolement et ils vont vers la disparition”, détaille-t-il.

Reste à savoir le nombre de députés qui seraient prêts à basculer dans la majorité. Au HuffPost, un ministre au fait des négociations chiffre “entre 30 et 40” les LR qui “frappent à la porte”, alors que le nombre de 50 élus circule dans la presse. “En réalité, vous regardez les députés qui ont clairement appelé à voter pour Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, et vous avez une estimation de ceux qui sont prêts à nous rejoindre”, poursuit notre interlocuteur, qui estime que ces transfuges de droite, comme Éric Woerth, auront toute leur place au sein de la majorité plurielle sur laquelle le chef de l’État compte s’appuyer.

Mais Les Républicains laisseront-ils faire, alors que des noms d’importance, comme Damien Abad et Guillaume Larrivé, sont régulièrement cités parmi les partants? Comme dit plus haut, certains appellent déjà à investir des candidats contre ceux qui oseraient vouloir rejoindre la majorité. Ce qui fait doucement rire Renaud Muselier: “ces gens ne savent faire que ça: menacer et hurler à la trahison. Mais derrière, ça ne donne rien. Ils n’ont plus la force de frappe nécessaire pour mettre ces menaces à exécution”. Les semaines qui suivent s’annoncent tendues à droite.

À voir également sur Le HuffPost: Les mots marquants du débat Macron - Le Pen décryptés par une sémiologue

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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