Avec Élisabeth II, le “dernier paravent du monde d’avant” est tombé

Elle sera “pour toujours LA Queen”, titre le quotidien en néerlandais “Het Nieuwsblad” . Het Nieuwsblad
Elle sera “pour toujours LA Queen”, titre le quotidien en néerlandais “Het Nieuwsblad” . Het Nieuwsblad

“La mort d’Élisabeth II démontre une fois de plus que certaines choses peuvent être à la fois parfaitement prévisibles et totalement inattendues, écrit Het Nieuwsblad ce 9 septembre. Elle était depuis longtemps la détentrice du record de longévité sur le trône britannique, la reine qui venait de fêter ses 70 ans de règne et inspirait le cinéma, la chef d’État qu’on pouvait simplement désigner par le terme ‘The Queen’ – pas besoin d’en dire plus.”

Le journal belge a troqué son habituel bord bleu pour un sépia de circonstance, et l’affirme d’ailleurs en titre : elle sera “Pour toujours la queen”.

“Le sens du devoir, jusqu’au bout”

“Le sens du devoir, jusqu’à la fin”, salue “De Morgen”. De Morgen
“Le sens du devoir, jusqu’à la fin”, salue “De Morgen”. De Morgen

On ne savait pas grand-chose de cette figure énigmatique, de ce qu’elle pensait, observe la rédactrice en chef du journal dans son éditorial. “Et c’était précisément le but” : incarner une figure “à la fois familière et étrangement distante”. La seule certitude, qui a inspiré au journal De Morgen son titre de une, c’était “son sens du devoir, jusqu’au bout”. Un sens du devoir qui, selon Het Nieuwsblad, “a permis à seulement quelques monarchies de tenir au XXe siècle.”

Sept décennies : un règne si long qu’il “fait de son histoire personnelle l’histoire d’un peuple et même d’un continent”, observe le journal populaire. Elle a connu 15 Premiers ministres, de Winston Churchill à Liz Truss en passant par Margaret Thatcher. Entre-temps, le monde a changé radicalement, mais “face à une vie politique devenue de plus en plus rapide et volatile, s’érigeait la continuité de la visite à la reine, du protocole et de la révérence”. Élisabeth II “sera regrettée en tant que grand-mère du pays, rocher dans la tempête, incarnation de la nation”, écrit encore l’éditorialiste. “Mais elle n’était pas une héroïne, ni une visionnaire ou une figure de leader au sens moderne du terme. Simplement, elle était là. Pendant soixante-dix ans.”

“En cette époque d’incertitude, cette époque traversée par un sentiment trouble de déclin, elle était un repère, une certitude.”

Le monde pouvait trembler

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