Les éleveurs manifestent à Clermont-Ferrand et Lyon pour "défendre leur métier"

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"France, veux-tu encore de tes paysans?": des milliers d'éleveurs ont manifesté jeudi à Clermont-Ferrand et à Lyon pour "défendre leur métier" et réclamer des "réponses rapides" au gouvernement, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A la mi-journée, quelque 800 tracteurs, selon les organisateurs, avaient pris place face à la statue de Vercingétorix place de Jaude dans le centre de Clermont-Ferrand, venus des quatre départements auvergnats, mais aussi de Bourgogne, du Limousin, du Lot, de l'Aveyron, de la Loire ou de la Nièvre, entraînant d'importantes perturbations sur les principales voies d'accès à la ville dans la matinée.

La préfecture du Puy-de-Dôme a quant à elle recensé 375 tracteurs et 1.500 manifestants.

Des heurts ont éclaté en milieu d'après-midi entre les manifestants et les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

Une délégation avait été reçue en préfecture et "le ministre a accepté de nous recevoir (à une date non définie) mais, au moment de partir, des éleveurs ont refusé et voulaient rester", a expliqué à l'AFP Patrick Bénézit, président de la FRSEA Massif central.

Des poteaux électriques ont été dégradés et un kiosque publicitaire a été brûlé devant la préfecture où avait été déversé du lisier.

"Paysans en péril, Macron réagis!", "Doit-on mourir pour vous nourrir?", "N'abandonnez pas les éleveurs", pouvait-on lire sur les pancartes installées sur les engins rangés place de Jaude, parfois surmontées d'un mannequin au bout d'une corde.

Des éleveurs corréziens ont rendu hommage à l'ancien président Jacques Chirac en affichant son portrait sur leurs tracteurs à côté de l'inscription "Lui nous soutenait!".

A Lyon, environ 200 tracteurs selon les organisateurs (132 selon la préfecture) ont également convergé en fin de matinée vers le centre. Ils étaient partis dans la matinée de la Loire, de l’Ain ou bien de l’Isère.

Les tracteurs ont ceinturé à la mi-journée la place Bellecour, où des responsables syndicaux ont pris la parole sur une estrade surmontée d’une banderole "On vous nourrit, mangez Français".

Les éleveurs jugent que la loi Alimentation (ou Egalim), votée en 2018, n'a pas tenu ses promesses de leur garantir des prix suffisants et réclament le maintien des aides européennes, alors que les consultations sont en cours sur la future PAC (Politique agricole commune).

"Serge Papin (ancien patron de Système U) m’a remis son rapport ce matin pour aller plus loin dans la loi Egalim. Nous travaillons maintenant pour activer tous les leviers possibles pour y arriver", a assuré le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie.

"On est venu défendre notre métier face à un avenir incertain. Avec les baisses qu'on nous annonce, nos revenus vont être très impactés. La loi Egalim, c'est du pipeau!", a déclaré à l'AFP Maxime Donavy, éleveur venu du Cantal pour manifester à Clermont-Ferrand.

"Aujourd'hui, il faut être passionné pour s'installer (...) C'est de plus en plus compliqué et, si ça continue, c'est la mort de l'élevage", a expliqué Marie Preyssat, étudiante de 20 ans venue de Brioude (Haute-Loire) où elle compte reprendre l'exploitation familiale.

"Si on n'a pas de réponses rapides sur les prix avant l'été, nous allons être en grande difficulté dans les années à venir", a lancé David Chauve, président de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, face aux manifestants.

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