Les élections des présidents de régions confirment le Grand chelem des sortants

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Après des élections marquées par une abstention historique, les conseils régionaux ont désigné vendredi leurs présidents confirmant le Grand chelem des sortants dans les territoires métropolitains, la Bretagne ayant levé la dernière incertitude.

Le PS Loïg Chesnais-Girard, qui l'avait emporté dimanche en Bretagne sans obtenir la majorité absolue, a été élu après trois tours avec 40 voix sur 83, sans parvenir à élargir sa base. Sa rivale LR Isabelle Le Callennec a obtenu 18 voix tandis que les blancs et nuls ont totalisé 25 voix.

Les autres présidents sortants ont été reconduits sans surprise. En Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), le LR Renaud Muselier a été réélu dans un hémicycle régional où la gauche sera absente pour un mandat supplémentaire après s'être désistée comme en 2015 pour faire barrage au candidat RN Thierry Mariani.

Visiblement ému après une campagne qu'il a jugée "difficile physiquement, moralement, politiquement, humainement", M. Muselier a promis d'associer étroitement la gauche à sa gouvernance. "J'en fais le serment solennel", a-t-il proclamé.

Au cours de cette journée, les discours de certains présidents réélus, à droite mais aussi à gauche, étaient très surveillés, au cas où ils confirmeraient ou révéleraient des ambitions nationales à moins d'un an de l'élection présidentielle.

Dans les Hauts-de-France, où la gauche a fait son retour dans l'hémicycle régional après s'être désistée comme en Paca en 2015, Xavier Bertrand a promis de continuer à agir "tambour battant" pour la région bien qu'il ait déjà déclaré sa candidature à l'Elysée.

Autre prétendante pour 2022, Valérie Pécresse (Libres!) a pris de la hauteur en Ile-de-France en plaidant pour "une France vraiment décentralisée".

Rival potentiel de M. Bertrand et Mme Pécresse pour porter les couleurs de la droite à la présidentielle, Laurent Wauquiez (LR) a été longuement ovationné après avoir été reconduit sans surprise ni difficulté à la tête de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

À la fin de son discours, citant Georges Pompidou sur "l'enracinement et l'audace", il a évoqué le besoin d'"horizons" et de "regarder au-delà de la colline", tout en assurant que "notre région peut être la voie d'une nouvelle espérance".

A gauche, la présidente socialiste sortante de l'Occitanie Carole Delga, largement réélue dimanche, a été reconduite, alors que certains la voient déjà candidate en 2022.

- "Le temps est à la désinfantilisation" -

Très applaudie lors de cette séance de l'assemblée plénière au parc des expositions de Pérols, au sud de Montpellier, Mme Delga est montée à la tribune un bouquet de roses rouges à la main avant de souligner que les électeurs avaient fait "un choix clair".

Le socialiste Alain Rousset, président de région depuis 1998, a gardé les rênes de la Nouvelle-Aquitaine (ex-Aquitaine, ex-Poitou-Charentes, ex-Limousin), ce qui l'amènera à 30 ans de mandat présidentiel régional en cumulé.

"Le temps est à la désinfantilisation de nos territoires", a lancé le président de la plus grande région de France et première région agricole d'Europe. Il a souligné sa volonté d'un "Green New Deal régional" et assuré que les langues régionales ne constituaient pas une menace de "délitement" pour la France.

En Corse, l'hémicycle insulaire avait réélu jeudi pour un troisième mandat le nationaliste Gilles Simeoni à la présidence du conseil exécutif.

Les autres présidents sortants réélus sont: Christelle Morançais (LR) dans les Pays de la Loire, le centriste Hervé Morin (Normandie), François Bonneau (PS) dans la région Centre-Val de Loire, Jean Rottner (LR) dans le Grand Est, Marie-Guite Dufay (PS) en Bourgogne-Franche-Comté.

Si les sortants sont restés aux commandes dans les régions métropolitaines, il n'en est pas allé de même à la Réunion et en Guyane.

A la Réunion, Huguette Bello, 71 ans, tête de la liste d'union de la gauche, reprenant à la droite la collectivité régionale présidée depuis 2010 par Didier Robert (DVD).

Gabriel Serville (DVG), 61 ans, a, lui, été élu nouveau président de la collectivité territoriale de Guyane (CTG), assemblée unique née de la fusion du département et de la région en 2015. Ce député, qui a battu le sortant Rodolphe Alexandre avec une liste d'union de gauche, devra renoncer à son mandat national.

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