Les élections législatives sont (déjà) sur toutes les lèvres

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POLITIQUE - Ce dimanche 24 avril, il était bien question des résultats du deuxième tour de l’élection présidentielle 2022. Mais une autre échéance électorale était sur toutes les lèvres: les élections législatives qui auront lieu les 12 et 19 juin prochains.

Dès l’annonce des premières estimations, plusieurs formations politiques ont quasi immédiatement évoqué ce scrutin. En particulier les forces qui ont été battues lors de cette élection présidentielle.

À gauche, c’est Jean-Luc Mélenchon qui a ouvert le bal. Fidèle à sa stratégie de contournement du deuxième tour, le leader de l’Union populaire a réitéré son appel aux électeurs à faire de lui un possible Premier ministre.

Vers l’union de la gauche

“Le troisième tour commence ce soir, le 12 et 19 juin un autre monde est encore possible si vous élisez une majorité de députés de la nouvelle union populaire qui doit s’élargir”, a lancé le candidat de la France insoumise, quelques minutes après la diffusion des premières estimations. Appel entendu par l’ex-candidat communiste Fabien Roussel, qui a souhaité la “coalition la plus large” à gauche pour les prochaines élections. “Nous appelons à créer partout toutes les conditions pour offrir une perspective de victoire à gauche dans ces territoires où l’extrême droite pourrait l’emporter”, a-t-il insisté.

Nous appelons toutes les forces de gauche et écologistes à se rassembler pour esquisser une majorité alternative”, écrivent les dirigeants EELV Julien Bayou, Eva Sas et Alain Coulombel, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. Les écolos promettent, entre autres, de se “donner les moyens d’une coalition” pour rompre avec un quinquennat “d’inaction climatique, de casse sociale et de mépris démocratique”. Ce qui laisse penser qu’une union de la gauche en juin prochain n’est pas impossible.

L’extrême droite à couteaux tirés

Du côté du Rassemblement national, on espère que la progression du vote d’extrême droite permettra au parti lepéniste d’investir considérablement le Palais Bourbon. Dans son discours de défaite, Marine Le Pen a lancé sans plus attendre “la bataille des législatives”, pour “continuer le combat”, sans dire pour autant si elle serait elle-même candidate en juin. Sur France 2, le maire RN de Perpignan Louis Aliot a appelé à faire élire “un bloc populaire contre un bloc élitaire”, dans le prolongement de cette élection présidentielle.

De quoi voir le parti de Marine Le Pen tendre la main à celui d’Éric Zemmour? Pas vraiment. “Il n’y aura pas d’alliance de parti à parti”, a fait savoir Philippe Ballard, porte-parole du RN, sur BFMTV. “On a déjà investi 450 candidats pour les législatives, il y a une CNI (commission d’investiture) dans la semaine. Le RN est déjà au travail”, a déclaré à l’AFP le maire RN de Fréjus David Rachline, considérant que son parti était dorénavant “la seule et unique force d’opposition au gouvernement Macron”.

De son côté, le fondateur de Reconquête ne s’y est pas pris de la meilleure des façons pour convaincre le RN, en commençant par étriller la responsabilité du clan Le Pen dans la défaite de ce dimanche. Pourtant, l’ex-candidat à la présidentielle a appeler “le bloc national” à faire front commun. “Notre responsabilité est immense, c’est pour cela que j’appelle à l’union nationale en vue des législatives”, a lancé Éric Zemmour, avant d’ajouter: “notre coalition n’est pas une option, elle est une nécessité, elle est un devoir”. Pour l’heure, cela semble (très) mal parti.

En être ou ne pas en être: le dilemme de la droite

Comme nous l’expliquions récemment, une partie des Républicains n’est pas insensible à la main tendue par Emmanuel Macron et songe à rejoindre la majorité. Ce qui, dans la perspective des élections législatives, pose un sérieux problème à la formation dirigée par Christian Jacob.

“On n’a pas réussi à la présidentielle, le débat aujourd’hui s’ouvre sur les élections législatives”, a déclaré sur France 2 le président des Républicains, assurant que cette échéance peut permettre à ses troupes de “rebondir” après le score famélique de Valérie Pécresse au premier tour de l’élection présidentielle.

“Cap sur les législatives avec une droite engagée pour défendre le projet de redressement dont la France a besoin”, a lancé sur Twitter l’ex-candidate LR, qui n’avait recueilli que 4,8% des voix. Or, pendant ce temps, des élus de poids entonnaient une autre musique. “Les contours de cette victoire induiront forcément un changement de paradigme. Il convient de rassembler, ce sera la lourde tache du Président de la République”, a tweeté le président LR de la région Grand Est Jean Rottner. “A nous de l’aider à bâtir l’unité dont la France a tellement besoin”, a renchéri son homologue des Pays-de-Loire Christelle Morançais.

Dans un communiqué, le trésorier du parti, Danielle Fasquelle, souhaite que sa formation “ne refuse pas, a priori, de travailler avec le président réélu, dans le cadre d’une coalition à construire dès maintenant ou après les élections législatives”. Ça promet.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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