Aux élections législatives 2022, ces candidats ne pourront pas voter pour eux-mêmes

Ces candidats qui ne pourront pas voter pour eux aux élections législatives de 2022 (Photo: REUTERS/AFP/HUFFPOST)
Ces candidats qui ne pourront pas voter pour eux aux élections législatives de 2022 (Photo: REUTERS/AFP/HUFFPOST)

À cinq jours du premier tour, la plupart des intéressés préfèrent taire cette information qui alimente le procès en "parachutage".

POLITIQUE - “Votez pour moi, parce que moi... Je ne peux pas!”. Voilà en substance ce que pourraient dire aux électeurs ces candidats aux élections législatives, toutes sensibilités confondues, qui se retrouveront dans cette situation le 12 juin prochain, date du premier tour. Car tous ne résident pas dans les circonscriptions qu’il briguent, et sont donc inscrits ailleurs. Une situation que les intéressés préfèrent en général taire, car elle peut alimenter d’embarrassants procès en parachutage.

“Super intéressant comme sujet!”, ironise l’un d’eux. “Vous n’avez que ça à faire?”, renchérit un autre. “Vous ne savez pas travailler”, peste l’entourage d’un candidat sondé. Manifestement, les candidats parachutés ou qui n’habitent pas la circonscription qu’ils convoitent en vue des élections législatives des 12 et 19 juin prochains sont tendus quand on aborde la question de la localisation de leurs bureaux de vote.

Pour autant, Le HuffPost a pu identifier quelques candidats médiatiques qui reconnaissent ne pas pouvoir voter pour eux-mêmes au scrutin de juin. Exemple avec Jean-Michel Blanquer, investi candidat par la majorité présidentielle dans le Loiret. Son équipe de campagne confirmait ce mardi 7 juin qu’il n’est pas inscrit sur les listes électorales de la quatrième circonscription de ce département. Sur BFMTV, le 13 mai, celui qui est taxé de “parachuté” par ses adversaire admettait connaître “un peu” mais pas “parfaitement” le territoire qu’il convoite, tout en vantant ses “atouts extraordinaires”.

“Ce n’est pas un scoop, je ne l’ai jamais caché”Bastien Lachaud, député LFI candidat à sa réélection en Seine-Saint-Denis

À Paris, dans le 18e arrondissement, c’est Aymeric Caron qui ne pourra pas voter pour lui dimanche. L’ancien chroniqueur de Laurent Ruquier, investi par la Nupes, a l’intention de s’y installer s’il remporte le scrutin, mais n’y habite pas. Face à lui, Pierre-Yves Bournazel, le député sortant, investi par Ensemble, le mouvement d’Emmanuel Macron et membre du parti d’Édouard Philippe, Horizons se présente sur ses affiches comme “votre député de proximité”.

Dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis, une candidate divers gauche, hors alliance de la Nupes, a épinglé sur son tract de campagne le député sortant Bastien Lachaud. Dans un encadré intitulé “Info de campagne”, Nabila Djebbari affirme que le député sortant Insoumis “est électeur à Paris, dans le 7e arrondissement!”.“Ce n’est pas un scoop, je ne l’ai jamais caché”, répond l’intéressé au HuffPost le 7 juin.

Extrait du tract diffusé par Nabila Djebbari, candidate dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis. (Photo: Le HuffPost)
Extrait du tract diffusé par Nabila Djebbari, candidate dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis. (Photo: Le HuffPost)

Extrait du tract diffusé par Nabila Djebbari, candidate dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis. (Photo: Le HuffPost)

S’il vit à Paris pour des “motifs impérieux familiaux”, le député Insoumis Bastien Lachaud rappelle que sa permanence à la mairie de Pantin est “ouverte tous les jours” et revendique un bilan local important. “J’ai été le premier à alerter sur la question du crack, j’ai été de toutes les mobilisations au côté des habitants où je n’ai jamais vu Nabila Djebbari. De même pour celles des enseignants ou sur les questions de logement”, se défend le député sortant.

Éric Zemmour restera dans le Var toute la journée dimanche et votera donc par procuration.Equipe de campagne du candidat Reconquête!

Dans la quatrième circonscription du Var, c’est Éric Zemmour qui ne pourra pas glisser un bulletin à son nom dans l’urne. “Il restera dans le département toute la journée et votera donc par procuration”, précise son équipe. Pour l’élection présidentielle, l’ancien journaliste, qui ne fait pas semblant d’être du cru et fait de son aura nationale un argument de campagne, avait voté dans son bureau de vote habituel, situé dans le 8e arrondissement de Paris.

Même configuration dans les Yvelines, où le candidat LR Charles Consigny, également ancien chroniqueur chez Laurent Ruquier, se jette dans le grand bain électoral. “Je ne suis pas encore inscrit dans les Yvelines”, reconnaît l’intéressé, qui votera à Paris dimanche 12 juin, mais qui passera la journée “en circonscription”. L’avocat, soutien de Valérie Pécresse pendant la campagne présidentielle, se présente dans la quatrième circonscription du département francilien. Une situation qui fait sourire son adversaire, la députée LREM sortante Marie Lebec: “Je suis ravie que Charles Consigny vienne découvrir Paris extra-muros”.

Des exemples loin d’être exhaustifs sur les 6291 candidats investis dans les 577 circonscriptions. “Vous n’avez pas compté tous ceux qui ont de fausses boîtes aux lettres”, se plaignait l’un d’eux avant la publication de cet article. Rien n’oblige un candidat à habiter la circonscription qu’il brigue, le mandat de député étant national, et non local. Il faudra en revanche scruter si les électeurs en tiennent compte dans leur vote.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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