Élections en Centrafrique: journée de vote contrastée

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Les bureaux de vote sont en train de fermer progressivement leurs portes en Centrafrique et le dépouillement débute, notamment à Bangui. Le scrutin s'est globalement déroulé dans le calme à Bangui, la capitale, mais la situation était plus mitigée en province.

Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Florence Morice

Au total, quelque 1,8 millions de Centrafricains étaient appelés à élire leur nouveau président et leurs députés. Mais les groupes armés, qui depuis plusieurs jours mènent une offensive contre ce scrutin, ont perturbé le vote dans de nombreuses localités. Il y a même des endroits où les électeurs n'ont pas pu se rendre aux urnes.

La situation était très contrastée ce dimanche entre l’intérieur du pays et la capitale Bangui, où le vote s’est globalement déroulé dans le calme et où les inquiétudes exprimées par certains ce matin après des tirs sporadiques durant la nuit se sont estompées. Beaucoup de votants à Bangui ont exprimé leur détermination à glisser leur bulletin dans l’urne pour ne pas voir le cycle infernal des rébellions et renversement de pouvoir par la force se poursuivre.

Dans l’intérieur en revanche, le vote, lorsqu’il a pu se tenir, s’est souvent déroulé dans un climat de « psychose ». C’est le cas à Birao par exemple où il a fallu l’intervention de la Minusca pour que les bureaux de vote puissent ouvrir.

« On ne prend plus le pouvoir avec les armes »

À Carnot, après une journée de vote sous tension, des éléments du groupe armé 3R ont finalement envahi la localité et détruit des urnes après le départ de la Minusca. À Bouar, où des tirs ont été entendus toute la matinée, les Centrafricains n’ont carrément pas pu voter du tout. « À Bouar, tôt ce matin à 3 heures des bandits sont sortis et ont commencé à ouvrir le feu. Naturellement, les civils ne sont pas des militaires et pris de peur, ils se sont retranchés chez eux », raconte à RFI le ministre de l'Intérieur, Henri Wanzet.

Il se félicite toutefois que l'intervention de la Minusca ait notamment permis au vote de débuter dans l'après-midi à Kaga Bandoro et à Bambari. « Nous sommes à l’heure de la démocratie, on ne prend plus le pouvoir avec les armes, ça c’est le modèle de 2013. On ne prend plus le pouvoir par les armes, le pouvoir c’est par les urnes », rajoute-t-il, estimant toutefois que « le pire a été évité ».

Théophile Momokoama, le nouveau rapporteur de l’ANE, reconnaît que dans certaines sous-préfectures le vote n’a pas eu lieu. Il dit être en train de collecter les informations mais affirme que plus de la moitié des sous-préfectures du pays ont voté sans donner plus de détails à ce stade. Un bilan « satisfaisant », selon lui, dans le contexte actuel.