Élections au Liban: Nasrallah mobilise ses électeurs et défend l’armement du Hezbollah

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Au Liban, dernière ligne droite avant les élections générales ce dimanche alors que le pays traverse une crise économique historique. Malgré des manifestations massives en 2019, les vieux partis confessionnels devraient réussir à se maintenir au pouvoir. Au sud du pays, dans la ville de Nabatiyeh, RFI s'est rendu à une réunion publique du Hezbollah, le grand parti chiite allié de l’Iran.

Avec notre correspondant au Liban, Noé Pignède

Dans un stade de la ville de Nabatiyeh, des milliers de personnes écoutent religieusement le discours de Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, projeté sur deux écrans géants.

Une intervention d’une heure pendant laquelle le chef du parti-milice n’aborde aucun point programmatique ou presque. Quelques mots à peine sur l’économie libanaise qui s’enfonce pourtant dans la crise. À quelques jours du scrutin, le numéro un du « Parti de Dieu » revient aux fondamentaux pour mobiliser son électorat avec un discours très belliqueux contre Israël.

« La résistance nous aide à combattre l’ennemi »

Khadidja, 55 ans, brandit fièrement un drapeau du parti. « La résistance nous aide à combattre l’ennemi. La situation économique, ce n’est pas son affaire. Il y a beaucoup de facteurs qui ont détruit l’économie. Ceux qui sont responsables de la faim, c’est les autres, pas eux ! », dit-elle.

Dans un pays exsangue où les trois quarts de la population ont sombré dans la pauvreté, Ali, la vingtaine, espère que le parti chiite prendra ce problème à bras le corps : « Il faut relever ce pays, pour qu’on retrouve la sécurité et la stabilité. Notre situation est vraiment mauvaise, donc j’aimerais que ça aille mieux, qu’on ait au moins de l’électricité. »

« Qui nous aide ? »

Mais pour Ibrahim, 34 ans, venu applaudir le chef en famille, le Hezbollah fait déjà beaucoup pour soutenir la population. « Qui nous aide ? Qui ramène de l’essence dans ce pays ? Qui nous apporte des médicaments quand il n’y en a plus ? Qui a fourni du lait à mes quatre enfants ? C’est le Hezbollah, ce n’est pas l’État. »

Des aides en nature, qualifiées de « petite corruption » par certains opposants au Hezbollah. Au Liban, le clientélisme est devenu la norme alors que l’État en faillite n’assume plus aucune de ses prérogatives.

Près de quatre millions d’électeurs seront appelés aux urnes dimanche pour renouveler le Parlement.

► À écouter : Liban: de la contestation aux urnes

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