Élections américaines: l’amertume des pro-Trump après la défaite face à Joe Biden

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Alors que les partisans de Joe Biden fêtent la victoire de leur candidat à la présidentielle et que Donald Trump n'a pas reconnu sa défaite, ses partisans n’acceptent pas les projections des médias américains. Ils continuent à remettre en cause les résultats et souhaitent attendre les différents recours juridiques.

Donald Trump, dont le mandat s'achèvera le 20 janvier, n'a pas reconnu sa défaite. Au contraire, dans un message épinglé comme « trompeur » par Twitter, il a continué à revendiquer une victoire qui lui aurait été volée.

En Arizona, État historiquement républicain, le décompte des voix n’est pas terminé et ce dimanche matin (heure française) Joe Biden mène de 20 000 voix environ. À l’annonce par les médias américains de la victoire de Joe Biden, plusieurs centaines de sympathisants républicains se sont rassemblés devant le capitole de l’État de l’Arizona pour dire haut et fort que la bataille n’était pas terminée, racontent nos envoyés spéciaux à Phoenix Marie Normand et Julien Boileau.

« On ne va rien brûler »

Comme les jours précédents, ce rassemblement était piloté par des proches de la campagne Trump liés à l'Alt-right, qui ont diffusé le hashtag #StopTheSteal (Arrêtez le vol de l'élection) sur les réseaux sociaux. Pour Stephanie Lamy, consultante spécialisée dans la guerre de l'information en période de conflit, ces groupes « capitalisent sur l'indignation ». Ils « utilisent ces manifestations pour collecter des fonds », sous prétexte de recours en justice.

Nicole et Ritcha, deux jeunes femmes de 25 ans, ont répondu à l'appel diffusé sur Twitter. Elles expliquent que de toute façon, elles ne croient pas les médias. « Ce ne sont pas les médias qui déclarent le nom du président, c’est la justice. La Cour suprême. Il y a tellement de fraudes, c’est littéralement impossible de déclarer qu’un des deux candidats a été élu. Trop de fraudes, c’est évident ! », s’insurge Nicole. Son amie tempère : « Et si la Cour se prononce et dit que Joe Biden a gagné, dans ce cas-là il le mérite ! Point final ». Nicole poursuit sur le même ton : « Et l'on ne va pas incendier des bâtiments pour ça ». Ritcha conclut : « On va peut-être déménager des États démocrates, mais on ne va rien brûler. »

Les manifestants dénoncent une tricherie

Éric arbore une casquette rouge Make America Great Again et un immense drapeau américain qu’il fait flotter au-dessus de sa tête. À l’inverse, il ne compte pas se laisser faire. Comme toutes les personnes rassemblées ici, il est venu dénoncer de supposées fraudes lors de l’élection dans les États où les résultats sont très serrés.

« Cette élection a été tout sauf juste et légale. Vous voulez me faire croire que Joe Biden a obtenu 10 millions de voix de plus que Barack Obama il y a 12 ans, le premier président noir américain ? Tout le monde ici pense que Donald Trump est le vainqueur légitime de cette élection. Et nous ne les laisserons pas nous voler cela. On n’est plus le parti républicain du passé, qui se couche et qui dit : “OK, Kumbaya, on est tous frères” »

La présidente du parti républicain de l’Arizona prend le micro. Elle promet de se battre pour que tous les votes soient bien pris en compte dans cet État et demande à ceux qui ont pu observer des fraudes de se faire connaître.

Un peu plus loin, Jonathan arbore fièrement un gilet pare-balle et un fusil automatique.

« Je suis ici avant tout pour soutenir le second amendement de la Constitution. Joe Biden est manifestement contre le port d’armes, il a évoqué l’idée de nous les enlever. Mais il y a des millions de personnes qui ne se laisseront pas faire, même s’ils se pointent devant chez nous, on se battra jusqu’à la mort pour protéger ce droit. »

Ces militants ne représentent pas non plus la majorité des électeurs républicains de l’Arizona, qui pour beaucoup expliquaient à nos envoyés spéciaux, ces derniers jours qu’ils accepteraient une éventuelle défaite de Donald Trump.

À Philadelphie, les républicains ne veulent pas y croire

Devant le Convention Center de Philadelphie où étaient comptés les votes ces derniers jours, quelques républicains font face, sonnés, aux démocrates, séparés par la police. Notre envoyé spécial à Philadelphie, Christophe Paget est allé recueillir leurs propos. Walter est retraité, il est républicain, et il n’y croit pas une seconde.

« Je pense que Donald Trump va avoir gain de cause, sur tous ces votes illégaux qui sont malgré tout comptés, et tous ces votes envoyés par mail, qui ont été désavoués. Les républicains vont contrôler le Sénat, et ils augmentent leur avance au Congrès : c’est un bon signe. Attendons de voir ce que les Cours de justice vont dire. Il faut que cela aille jusqu’à la Cour suprême, pour se débarrasser de tous ces votes illégaux. Les citoyens américains doivent être ceux qui votent, pas les morts ou les gens qui sont dans ce pays illégalement. »

Interrogé avant que soit déclaré victorieux Joe Biden, Charlie, ancien démocrate passé au camp républicain avec Donald Trump n’en démordait pas alors que la balance penchait de plus en plus pour Biden : selon lui, les démocrates ont triché.

« Ils trichent avec l’élection, comme Philadelphie est très démocrate. Regarder toutes les vidéos qui circulent ! On voit les gens faire du bourrage d’urnes, jeter des votes Trump… J’ai été militant démocrate pendant 38 ans, 38 ans ! Et quand Trump est apparu, il m’a vraiment parlé, et là je me suis dit : ce gars sait ce qu’il dit. Je ramperai sur du verre pilé dans une forêt en feu pour qu’il soit réélu. Et ayez bien conscience que s’il n’est pas réélu, il va revenir en 2024, et balayer tout le monde. Parce que Biden et Harris vont foutre en l’air ce pays avec leurs conneries socialistes. »