Élections en Allemagne: les sociaux-démocrates de retour dans le jeu

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L’Allemagne vote dans un mois. Une élection historique qui marque une césure avec le départ du pouvoir après seize années d’Angela Merkel. Pour la première fois, un dirigeant allemand quitte volontairement la scène. Une situation qui rebat les cartes politiques et rend ce scrutin plus imprévisible que jamais. Dernière surprise en date cette semaine, le come-back des sociaux-démocrates. Quel est le rapport de force aujourd’hui et comment expliquer cette quasi résurrection du SPD ?

De notre correspondant à Berlin,

Cette semaine, deux sondages donnent les sociaux-démocrates emmenés dans la course à la chancellerie par le ministre des Finances et vice-chancelier Olaf Scholz en tête devant les chrétiens-démocrates avec 23 ou 22% des voix. Un score faible historiquement quand on pense que le dernier chancelier SPD, Gerhard Schröder, a gagné en 1998 avec plus de 40% des voix. Mais le recul sensible de leurs concurrents conservateurs et écologistes permet au SPD de créer la surprise.

Il y a quelques semaines encore, le parti de gauche au pouvoir durant douze ans avec les chrétiens-démocrates sur les seize années passées par Angela Merkel au pouvoir ne décollait pas dans les sondages avec des scores parfois inférieurs à 15%. Le SPD et son candidat à la chancellerie profitent des faiblesses de leurs concurrents. Olaf Scholz n’est pas un bateleur qui enthousiasme les foules.

Mais il a l’image d’un homme compétent, sérieux, et n’a pas fait d’erreurs durant sa campagne, contrairement à ses challengers. Il a toujours cru en ses chances même lorsque les caricaturistes et les journalistes s’apitoyaient ou se moquaient des sociaux-démocrates en perdition.

Les Verts deviennent la troisième force

Il y a quelques semaines encore, les Verts et leur candidate Annalena Baerbock étaient les grands favoris des sondages. Aujourd’hui ils sont la troisième force. Au printemps, après la nomination de la quadragénaire Annalena Baerbock comme candidate à la chancellerie des écologistes allemands, le parti enregistrait une nouvelle poussée dans les sondages. L’hypothèse d’une chancelière verte pour succéder à Angela Merkel n’était plus exclue.

Depuis, le parti et sa tête de file ont commis des erreurs qui lui ont coûté de nombreux points dans les sondages. Le mouvement est crédité de 17% des voix dans les études d’opinions, presque deux fois plus qu’il y a quatre ans mais moins que les 25% environ, voire plus, qu’il avait pu espérer. L’image d’Annalena Baerbock et celle de son parti ont souffert de primes non déclarées, d’un CV pas toujours rigoureux et d’accusations de plagiat pour un livre récent. Les écologistes n’ont pas pu tirer profit des inondations catastrophiques du mois dernier lorsque le réchauffement climatique était dans toutes les bouches. Leur candidate ne paraît plus crédible comme cheffe du gouvernement. Mais les Verts ont malgré tout de bonne chances d’être membre d’une des nombreuses coalitions possibles après le 26 septembre.

Les chrétiens-démocrates en difficulté

Les deux sondages de cette semaine donnant les sociaux-démocrates en tête d’une courte tête devant les conservateurs ont causé un électrochoc. La campagne de la CDU et de son alliée bavaroise la CSU piétine. Avec 22% dans les sondages, la droite allemande touche le fond.

Certes, avec Angela Merkel, les conservateurs allemands ont enregistré -il ne faut pas l’oublier- à trois reprises des échecs historiques. Mais avec 33% pour le dernier en date en 2017, on était loin des sondages d’aujourd’hui. Armin Laschet s’est imposé difficilement à la tête de son parti la CDU et comme candidat des conservateurs face au Bavarois Markus Söder. Quelque 70% des sympathisants conservateurs souhaitent que ce dernier remplace un Armin Laschet qui ne convainc pas et a commis des erreurs durant la campagne.

À lire aussi : en Allemagne, Markus Söder contre Armin Laschet, un duel pour succéder à Angela Merkel

N’oublions pas que de nombreux électeurs sont encore indécis, ce qu’illustre l’évolution rapide des sondages. Des surprises sont à attendre d’ici le 26 septembre prochain, jour des élections. Et le nombre de coalitions possibles après le scrutin est inédit. Les rebondissements sont d’ores et déjà garantis pour l’automne.

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