Une élection où l’économisme sémantique règne en maître

Libération.fr

Chaque vendredi, Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, chronique la campagne électorale.

La France comme une entreprise ? Il y a matière à être frappé par l’économisme sémantique qui règne en maître dans la présidentielle. «Il faut redresser la France c’est une entreprise en péril» ; «Elle doit retrouver sa compétitivité.» On y pourfend des «charges sociales» comme s’il s’agissait de frais généraux qu’il faudrait raboter (il s’agit de cotisations qui ouvrent des droits sociaux qu’il faut financer). En marche qualifie même son projet d’«offre politique» à la manière d’un commerçant convoitant des parts de marché, adaptant et diversifiant son produit aux exigences d’une capricieuse demande. De la politique réduite aux affaires, économiques s’entend.

Quels types de «managers» seraient ces candidats ? Il y aura des patrons tout-puissants, derrière lesquels le peuple citoyen sera invité à se ranger sans broncher. Management charismatique si l’on est sympathique, ou despotique si on l’est un peu moins. Pour ces vrais chefs, la production de l’entreprise est le cadet des soucis : Marine Le Pen commence par acheter beaucoup plus cher (baisse de l’euro), en augmentant les coûts et en faisant le tri entre des salariés, selon les origines des salariés, sans regard pour leurs compétences. Faillite assurée ! Pour Jean-Luc Mélenchon, il n’y a que la redistribution qui compte. On ne sait comment la valeur y est créée. Son style de manager c’est Chávez, sans le pétrole. Dans l’entreprise Fillon, rien que du classique. Un management vertical, des salariés passés sous la toise de la rigueur permanente, des actionnaires qui doivent bien se porter car c’est un signe de bonne santé de l’entreprise. Esprit start-up - bien sûr - chez Emmanuel Macron, positif avant tout, pas de hiérarchie, en tout cas visible. Volonté affichée et on se serre les coudes. Ce qui compte c’est le mouvement, chacun peut être du côté des gagnants. Rien d’étonnant à ce que s’y précipitent (...)

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