Égypte: onze soldats tués lors d'une attaque jihadiste dans le Sinaï

L'armée rapporte que ces militaires ont été tués en déjouant une attaque « terroriste » à proximité du canal de Suez dans le Sinaï. C'est l'un des tribus les plus lourds payés par les forces égyptiennes depuis des années.

Tout a commencé, selon un communiqué militaire, lorsqu'« un groupe d'éléments takfiris (jihadistes ou islamistes radicaux sunnites) a lancé une attaque contre une station de pompage hydraulique militaire ». Les militaires tués gardaient une station de pompage d’eau douce située à el Tassa dans le Sinaï à une quarantaine de kilomètres à l’Est de la ville d’Ismaïlia sur le Canal de Suez.

Les soldats « les ont repoussés et des combats s'en sont suivi dans lesquels onze militaires ont été tués et cinq blessés ». Les terroristes ont été poursuivis « jusqu'à une région isolée du Sinaï », selon le même texte.

Sur Facebook, le président Abdel Fattah al-Sissi a assuré que « ces opérations terroristes ne viendront pas à bout de la détermination du pays et de son armée à couper le mal du terrorisme à la racine ».

Le Sinaï, vivier terroriste

Depuis février 2018, l'armée et la police ont lancé une vaste opération « antiterroriste » dans la péninsule du Sinaï où sévissent des cellules radicales dont certaines ayant fait allégeance au groupe jihadiste État islamique (EI). Elles combattent également des insurgés radicaux dans le désert occidental, entre la vallée du Nil et la frontière avec la Libye.

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Dans le Sinaï, les attaques se concentrent particulièrement sur les oléoducs et gazoducs qui approvisionnent Israël et la Jordanie. Régulièrement, l'armée annonce avoir tué des jihadistes dans cette zone. Mais dans ce cas, les experts notent que les agresseurs se sont rapprochés du Canal de Suez alors que c’était la région du Nord Sinaï, proche de Gaza, qui était le théâtre des attaques et attentats du groupe État islamique. Autre nouveauté, les terroristes cherchent à saboter le développement économique du Sinaï. La station de pompage visée par l’attaque fourni de l’eau douce à un grand projet visant à cultiver 40 000 hectares et à créer des milliers d’emplois notamment pour des jeunes venus de la Vallée du Nil, rapportent notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti.

En tout, plus d'un millier de jihadistes et des dizaines de membres des forces de sécurité ont été tués, selon les chiffres officiels, mais aucun bilan de source indépendante n'est disponible et le Nord-Sinaï est interdit aux journalistes.

De violents attentats en 2019 et 2020

Le dernier attentat d'importance au Caire remonte à mai 2020, quand une attaque a visé les pyramides de Gizeh dans le sud-ouest de la capitale, faisant 17 blessés un mois avant que l'Égypte n'accueille la Coupe d'Afrique des Nations de football.

En août 2019, toujours au Caire, une vingtaine de personnes ont été tuées lorsqu'une voiture chargée d'explosifs avait percuté à grande vitesse trois autres véhicules, provoquant une énorme explosion.

Le mois suivant, un policier et sept membres d'une « cellule terroriste » ont été tués dans des échanges de tirs au Caire. Ces jihadistes s'apprêtaient, selon les autorités, à s'en prendre à des chrétiens pendant les célébrations de Pâques.

(Avec AFP)

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