Égypte : après quatre ans de prison, un journaliste d'Al-Jazira libéré

·2 min de lecture

Mahmoud Hussein, journaliste de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, a été libéré par les autorités égyptiennes. Il était en détention préventive depuis décembre 2016 pour "incitation à la sédition contre l'État" et "diffusion de fausses informations". Sa libération intervient peu après la reprise officielle le 20 janvier des relations diplomatiques entre Le Caire et Doha.

Mahmoud Hussein, journaliste de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, a retrouvé samedi 6 février sa maison familiale au Caire, en Égypte, après quatre ans en prison dans son pays, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le journaliste égyptien de 54 ans a été libéré jeudi soir, avait confirmé plus tôt sa fille Azzahra Hussein.

"Son père est mort avant de pouvoir assister à ce moment, il l'attendait depuis si longtemps", a confié à l'AFP la mère du journaliste, avant l'arrivée de Mahmoud Hussein, accueilli par des dizaines de proches devant le domicile familial.

"Même s'il y a des conditions pour sa remise en liberté (...) papa est désormais sorti du commissariat. Liberté à tous les opprimés", a tweeté une autre fille du journaliste, Aya Hussein, installée à Paris.

Égyptien travaillant comme producteur au siège d'Al-Jazira à Doha, Mahmoud Hussein était en détention préventive depuis décembre 2016 pour "incitation à la sédition contre l'État" et "diffusion de fausses informations".

Il avait été arrêté trois jours après son arrivée en Égypte où il s'était rendu en vacances.

Une détention sans procès

Sa chaîne de télévision avait dénoncé à maintes reprises le fait qu'il était détenu sans inculpation formelle, sans procès et sans condamnation.

Sa libération intervient peu après la reprise officielle le 20 janvier des relations diplomatiques entre Le Caire et Doha, dans le cadre d'une réconciliation scellée entre le Qatar et quatre pays arabes.

L'Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn avaient rompu en juin 2017 leurs relations avec le Qatar, accusé notamment de soutenir les Frères musulmans, qualifiés d'organisation "terroriste" par Le Caire.

Avant même 2017, les autorités égyptiennes reprochaient à la chaîne Al-Jazira de soutenir la confrérie, qui a été l'objet d'une implacable répression à partir de 2013 en Égypte.

"Al-Jazira salue la nouvelle de la libération de Mahmoud, et pense qu'aucun journaliste ne devrait vivre ce qu'(il) a souffert ces quatre dernières années pour avoir seulement exercé sa profession", a indiqué samedi la chaîne de télévision dans un communiqué.

Avec AFP