Une égalité de façade

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Imaginez une équipe de foot dans laquelle la quasi-totalité des joueurs voudraient jouer au poste d’attaquant. C’est le spectacle proposé par ce débat qui, pour la première fois, réunit l’ensemble des candidats à la présidentielle. Un moment de télévision historique, mais pas un gage de qualité. Ce genre d’exercice vaut d’abord par les échanges qu’il permet de générer, c’est à cela que l’on voit les forces et les faiblesses. Echanges presque impossibles mardi soir. «Ce sera un débat de propositions», ont prévenu d’entrée de jeu Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, les deux animatrices de la soirée qui ont passé leur temps à surveiller les compteurs et à couper la parole. Les candidats du coup ? Chacun dans son couloir, renvoyé à son talent d’orateur (ou pas), ses convictions, ses propositions, sa singularité ou ses provocations pour tenter de sortir du lot. Contrairement aux précédents débats, on les a sentis préparés à aller droit au but et à être le plus clair possible dans le maigre temps imparti. «Je vous invite à interagir entre vous», ont tenté de suggérer les deux présentatrices. Tentative louable mais quand c’est arrivé, difficile de faire le tri dans le brouhaha généré.

On a beau aimer la démocratie en politique, on a beau vouloir tendre vers l’égalité la plus parfaite, ces concepts ne sont pas forcément faits pour produire un débat télévisé qui aille au-delà des apparences, des différences de styles, et qui permette aux électeurs de se faire une opinion ou d’en changer. Au fond, qu’est-ce qui est le plus important : afficher une égalité de façade qui facilite le raccourci de pensée ou permettre l’expression d’une parole utile ? Impossible dès lors de regarder cette émission sans penser à l’autre débat à onze que veut organiser France 2 le 20 avril, quelques jours avant le scrutin. Plusieurs candidats comme Mélenchon, Macron ou Fillon ont déjà dit qu’ils ne voyaient pas ce qu’ils auraient à y gagner. On peut comprendre leurs réserves. On pourra aussi (...)

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